Violence – Guerre – Mort – Attentats : 3 conseils pour en parler avec les enfants

par | Août 10, 2018 | Parents | 2 commentaires

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Lorsque les enfants posent des questions sur : « Pourquoi il y a tant de violence ? Pourquoi les gens se font la guerre ? C’est quoi la mort ? Pourquoi il y a des attentats ? », il arrive que certains parents rencontrent des difficultés pour répondre. Mais sachez que, si les enfants posent ces questions-là c’est qu’ils attendent des réponses. Il va donc falloir leur répondre, parler avec eux, mais pas n’importe comment.

 

1. Soyez honnête dès le début.

Lorsqu’un événement grave se produit, certains parents vont choisir de le cacher à leur enfant, de ne rien leur dire. Il y a derrière, la plupart du temps, une volonté de protéger les enfants. Mais les protéger de quoi ? De toutes les choses négatives, comme la tristesse, la violence ou le deuil. Cela peut aussi être, pour certains parents, un moyen d’éviter de parler du sujet grave en question. D’ailleurs si certains enfants commencent à poser des questions à leurs parents, ces derniers ne vont pas répondre à la question. Ils peuvent même dire à leurs enfants qu’ils ne doivent pas s’inquiéter, que ce qu’il se passe n’est pas grave, voire même de ne plus du tout poser de questions. Certains parents peuvent avoir peur de parler de ces sujets avec leur enfant. Il est vrai que ce sont des sujets difficiles, qui peuvent rouvrir des plaies émotionnelles chez certains parents. D’autres peuvent aussi avoir peur de ne pas être à la hauteur pour parler de ces sujets sensibles avec leurs enfants. Ils peuvent avoir peur de les traumatiser, de ne pas savoir quoi répondre, voire de carrément perdre leurs moyens pendant la conversation. Ils ne veulent pas que leurs enfants les voient dans une position de vulnérabilité. Ces parents-là vont donc choisir de se taire, plutôt que de faire face aux questions de leurs enfants. Cette tactique peut fonctionner, mais uniquement sur une période. Les enfants ne poseront plus de questions pendant certains temps, mais voyant qu’ils n’ont toujours pas de réponses, au bout d’un moment ils vont recommencer à parler du sujet. Vous aurez beau mentir, vous aurez beau dire à votre enfant que vous en reparlerez plus tard, ce dernier recommencera à poser des questions à un moment donné. Vous ne pourrez pas éviter les questions éternellement. Il va donc falloir que vous vous posiez, que vous preniez le temps de parler avec votre enfant et de répondre aux questions qu’il se pose. Le but ici n’est pas de traumatiser les enfants, mais de leur parler pour les informer d’une situation grave qui s’est produite. En agissant ainsi, vous allez pouvoir éliminer toutes les incompréhensions que l’enfant peut avoir concernant la situation. Car des incompréhensions qui persistent dans l’esprit d’un enfant peuvent conduire, dans certains cas, à des troubles.

 

2. Parler pour éliminer les incompréhensions.

Il faut savoir qu’un enfant qui pose une question, même si c’est sur un sujet grave, attend une réponse. Le fait de ne pas répondre à l’enfant, de le laisser avec ses interrogations, va l’amener à résoudre lui-même sa recherche d’information. Je m’explique. Imaginez que vous vous trouvez sur une plage. C’est une journée d’été, il y a beaucoup de monde sur la plage et des personnes qui se baignent. Tout d’un coup, les surveillants, les sauveteurs, demandent à toutes les personnes qui se trouvent dans l’eau de sortir. Tout le monde sort et les sauveteurs demandent à tout le monde de rester sur la plage et de ne surtout pas s’approcher de l’eau. Deux minutes plus tard, vous voyez les gendarmes arriver. Vous apercevez également plusieurs bateaux de secours en train de chercher quelque chose dans l’eau. En voyant ça, vous commencez à vous poser des questions, et c’est tout à fait normal. Quand on assiste à ce genre de situation, il arrive un moment où l’on va chercher à comprendre ce qu’il se passe. Vous décidez donc d’aller voir un sauveteur et de lui poser la question suivante : « Je vois qu’il y a à beaucoup de sauveteurs sur la plage, je vois qu’il y a également des gendarmes, qu’est-ce ce qu’il se passe ?». Le sauveteur vous répond : « Il ne se passe rien monsieur, tout bien, vous n’avez aucune raison de vous inquiéter ». Mais vous voyez bien que quelque chose de grave est en train de se passer et vous insistez auprès du sauveteur. Vous lui posez une nouvelle fois la question: « Je vois très bien qu’il y a quelque chose qui est en train de se passer, ça m’inquiète et je voudrais juste que vous nous expliquiez ce qui se passe ». Mais le sauveteur continue de dire : « Ne vous inquiétez pas, tout va bien, il n’y a pas lieu de s’inquiéter ». Donc là je vous pose la question : est-ce que dans une situation comme celle-ci vous vous sentiriez rassuré ? Je pense que la réponse est non. Du coup, qu’est-ce que vous allez faire ? (sachant que vous n’avez aucune réponse de la part des sauveteurs ni des autorités). Et bien, vous allez chercher à trouver vous-même la réponse à votre question. Vous allez peut-être commencer par analyser la situation en vous basant sur les informations que vous avez en votre possession : vous savez que vous êtes sur une plage, les surveillants ont demandé à toutes les personnes qui se trouvaient dans l’eau de sortir et de se regrouper sur la plage, les gendarmes sont également sur place ainsi que des bateaux de sauveteurs qui sont apparemment en train de chercher quelque chose dans l’eau. À partir des informations que vous avez, vous allez commencer à construire un scénario. Vous vous dites que c’est peut-être une personne qui s’est noyée, et donc que les sauveteurs sont en train de la chercher, ou alors c’est peut-être un requin qui est en train de nager dans la zone pour les baigneurs, ou un autre animal dangereux, il se pourrait aussi que ce soit une bombe que quelqu’un aurait mise sous l’eau et qui pourrait exploser, etc. Et vous continuez dans votre recherche de réponse, à construire plusieurs scénarios différents.

Alors déjà, sachez que c’est normal de chercher les réponses à vos questions, surtout dans une situation comme celle-ci parce qu’on s’inquiète et qu’on a besoin d’être rassuré. Avec les enfants, c’est la même chose. Si vous ne répondez pas à leurs questions dès le début, ils vont utiliser leur imagination pour construire des scénarios, qui ensuite donneront des films qui peuvent être plus ou moins effrayants. Les enfants ont beaucoup d’imagination et ils s’en servent pour trouver les réponses aux questions qu’ils se posent. Le problème de ces films c’est qu’ils peuvent provoquer des troubles plus ou moins graves chez les enfants (anxiété, angoisse, stress, etc.). Pour éviter que ces troubles apparaissent, il va falloir rassurer les enfants, et pour ça il va falloir parler avec eux et parler avec eux ça implique de répondre à leurs questions mêmes si les questions qu’ils posent sont : « c’est quoi la mort ? », « pourquoi les gens se font la guerre ? », « est-ce que les terroristes vont revenir ? ». L’objectif est de parler avec les enfants pour éliminer toutes les incompréhensions qu’ils peuvent avoir. Il faut qu’à la fin de la conversation, les enfants comprennent ce qu’il se passe et éventuellement ce qu’il va se passer dans les jours ou semaines qui vont venir.

 

3. Rassurer en fin de conversation.

Lorsque l’on parle avec les enfants, on apporte bien sûr des réponses, on échange avec eux sur un sujet précis. Mais quand il s’agit d’un sujet grave, il est indispensable de rassurer les enfants. Je reprends l’exemple de la plage. Imaginez que vous êtes toujours sur la plage et que vous ne comprenez toujours pas ce qu’il se passe et pourtant vous cherchez à comprendre. Vous commencez d’ailleurs à parler avec les autres personnes. Vous essayez de collecter des indices, des éléments qui pourraient vous faire avancer dans votre compréhension de la situation. Ça fait déjà deux heures que vous êtes sur la plage, en plein soleil, vous en avez marre et vous aimeriez bien rentrer chez vous. C’est à ce moment-là qu’un gendarme vient vous voir pour expliquer exactement ce qu’il se passe. Il vous dit : « On nous a signalé la présence de raies dans ce secteur, qui peuvent être dangereuses pour les baigneurs. Nous n’en avons pas trouvé, mais nous avons choisi de prendre des précautions et donc de faire évacuer toutes les personnes qui étaient en train de se baigner vers la plage. Nous avons inspecté la zone, tout est sécurisé maintenant. Vous pouvez retourner vous baigner, rester sur la plage ou rentrer chez vous ». Pendant deux heures, vous vous êtes fait des films, en vous disant : « Si ça se trouve, il y a un requin, si ça se trouve c’est quelque chose de pire, alors qu’en fait c’était juste des raies ». Le fait qu’un gendarme vienne vous voir pour vous expliquer la situation, ainsi que le danger, a fait que vous avez pu comprendre ce qu’il se passait et ça vous a également rassuré, puisque toutes les incompréhensions, les angoisses et le stress que vous avez eu pendant ces deux heures se sont évaporés. Maintenant, vous comprenez parfaitement la situation et vous êtes rassurés.

Il faut faire la même chose avec les enfants. C’est important de leur expliquer la situation qui est en train de se passer ainsi que de répondre à leurs questions. Mais il est indispensable de prendre le temps de les rassurer à la fin de la conversation. Le gendarme qui est venu vous voir vous a dit : « Nous avons inspecté la zone pour trouver les raies (le danger). Nous n’avons rien trouvé. Nous avons minutieusement inspecté la zone qui est désormais sécurisée. Vous pouvez retourner vous baigner en toute sécurité ». C’est essentiel de parler de la notion de sécurité, de protection avec les enfants. Si un attentat se produit et que votre enfant a peur, vous pouvez lui dire par exemple: « Il y a des policiers partout en ville, ils se sont près de ton école donc tu peux y aller en sécurité. À la maison, je suis là. Tu es entouré de ta famille, tu es en sécurité, car nous te protégeons ».

 

Pour résumer :

  • Premièrement, soyez honnête avec les enfants dès le début. Vous allez gagner du temps puisque vous répondrez à leurs questions plus rapidement que si vous leur dîtes de ne plus en poser ou que vous parlerez plus tard.
  • Deuxièmement, en répondant aux questions le plus tôt possible vous allez pouvoir éliminer les incompréhensions que les enfants peuvent avoir. Ça va également les empêcher qu’ils se fassent des films et potentiellement empêcher ou retarder l’apparition de troubles.
  • Et enfin troisièmement, le fait de parler de sujets graves avec les enfants va vous permettre de les rassurer sur la situation qui est en train de se passer et sur ce qu’il va, potentiellement, se passer dans les prochains jours et/ou semaines. Rassurer les enfants, c’est aussi leur parler de la notion de protection, c’est leur dire qu’ils sont entourés de leurs familles, d’amour et que là où ils se trouvent, ils sont en sécurité. Ainsi vous pourrez calmer les enfants et apaiser les éventuelles angoisses qu’ils pourraient ressentir.

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Violence – Guerre – Mort – Attentats : 3 conseils pour en parler avec les enfants

by Elodie | The ComMemories Podcast

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