Rassurer les enfants en 3 étapes

par | Juin 6, 2019 | Parents, Professionnels de l'enfance | 0 commentaires

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Face aux événements violents comme les guerres ou les attentats qui font régulièrement la une de l’actualité, certains enfants peuvent se sentir déboussolés, avoir peur ou être anxieux. Notre réaction face à ça ? Les rassurer. Quand on parle de rassurer les enfants, ça a l’air d’être simple. Mais ça peut vite devenir quelque chose de difficile pour certains adultes, parents ou professionnels de l’enfance. Dans cet article, je vais vous donner trois étapes pour rassurer les enfants du mieux possible.

 

Étape n°1 : parler avec les enfants.

Lorsque nous voulons rassurer un enfant, lui faire un câlin ou lui amener son doudou, sont certes des choses qui peuvent l’aider, mais ça ne va pas tout faire. Il va falloir parler avec lui à un moment donné. Attention : il ne va pas falloir lui parler n’importe comment, mais en s’adaptant à lui, à son âge, son niveau de compréhension et au vocabulaire qu’il utilise. Vous n’allez pas parler de la même manière à un enfant de cinq ans et à un autre qui a huit ans. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’ils ont une compréhension différente et une façon de s’exprimer différente de par la différence d’âge. Dans l’article « Parler des attentats aux enfants : une bonne idée ? », que vous pouvez lire ici, j’avais écrit qu’avant l’âge de cinq ans, il peut être difficile pour certains enfants de comprendre les notions de deuil et de mort, car ils sont encore trop petits. De cinq à huit ans, les enfants comprennent mieux ces notions et savent ce qu’elles signifient ainsi que leurs conséquences. D’où l’importance de prendre en compte l’âge des enfants et d’utiliser des mots adaptés.

Pour rassurer au mieux les enfants, il faut utiliser des mots rassurants et non des mots traumatisants ou choquants. Par exemple si vous devez parler de mort avec un enfant, qu’il s’agisse d’une guerre, d’un attentat ou d’une personne dans la famille qui est décédée, vous n’allez bien entendu à aucun moment rentrer dans les détails. Expliquer ce qu’est la notion de mort est très important, mais donner des détails morbides est inutile. Pire, c’est quelque chose qui peut choquer et traumatiser certains enfants et ce n’est pas ce que nous souhaitons. Ce que nous voulons, c’est les rassurer. Si vous commencez à dire qu’il y a eu un attentat et que de nombreuses personnes sont mortes parce qu’elles ont fait une hémorragie, qu’elles ont perdu beaucoup de sang, que leurs organes ont été endommagés de telle façon et qu’elles ont eu telle complication, certes vous donnez des informations à l’enfant, mais qui sont au final, plus traumatisantes que pertinentes pour lui. Il faut donc prêter une attention toute particulière au choix des mots que vous utilisez. Première étape : parler avec l’enfant pour le rassurer et non pour le traumatiser.

 

Étape n°2 : se relaxer.

Parler de notions difficiles comme la guerre, la violence, le terrorisme ou la mort avec les enfants n’est pas anodin. Qu’est-ce que j’entends par pas anodin ? Parler de ce genre de choses peut nous amener, en tant qu’adulte, à ressentir de l’anxiété, à nous stresser voir à nous angoisser. Il en est de même pour les enfants. Ce n’est pas le genre de conversation où vous allez rire, faire des blagues ou parlez des prochaines activités que vous allez faire pour la fête de l’école. Ce sont des sujets sérieux, qui demandent beaucoup de concentration de la part des adultes et une grande flexibilité, en particulier si vous avez en face de vous un groupe d’enfants de différents âges. C’est quelque chose aussi qui peut être très fatigant pour les enfants, parce qu’ils se concentrent, vous écoutent et essayent de comprendre. Vous parlez de notions sensibles et lourdes. Il est donc très important à la fin de chaque conversation, de prendre le temps de vous relaxer, pour évacuer le trop-plein d’émotions négatives. Je ne vous dis pas de faire une séance de yoga de 2 heures, mais juste de prendre 15 minutes pour souffler et vous détendre. Le simple fait de rester assis, de fermer les yeux, de poser son attention sur sa respiration, d’inspirer et d’expirer, de poser notre attention sur le moment présent et sur ce que l’on ressent va permettre de lâcher toutes les choses négatives que les enfants et vous-même aurez pu ressentir.

 

 

On ne s’en rend pas forcément compte, mais il peut arriver que nous nous sentions mal lorsque nous parlons de sujets difficiles ou que ce sentiment de mal-être arrive après, et cela s’applique aussi pour les enfants. Pourquoi ? Parce que vous abordez des sujets difficiles et les enfants ont une plus grande sensibilité que les adultes. Ils peuvent donc être touchés par les mots qu’ils entendent, et vous-même pouvez l’être. Cependant, il faut absolument vous débarrasser de ce que vous et les enfants ressentez de négatif. Je vous invite donc, ainsi que les enfants, à vous relaxer. Fermez les yeux, écoutez de la musique relaxante ou le calme autour de vous et détendez-vous, détendez votre corps et votre esprit. Le but est que vous puissiez vous décharger de tout ce qui aurait pu vous troubler. Vous pouvez aussi, si vous le souhaitez, vous relaxer une nouvelle fois quand serez au calme (pendant que les enfants profitent de la récréation ou que vous êtes chez vous sans vos enfants). Le fait de se détendre et de laisser partir les émotions négatives permet ensuite d’installer un sentiment de sécurité et d’apaisement.

 

Étape n°3 : enseigner aux enfants à mieux gérer leurs émotions.

Comme nous l’avons vu précédemment, il est important de parler aux enfants pour les rassurer et de les inviter à se relaxer. Si les enfants se sentent mal, s’ils ont besoin d’être rassurés et réconfortés, vous serez là pour eux. Mais ce n’est pas vous qui allez faire disparaître leurs angoisses. Vous n’êtes pas un magicien, qui, avec sa baguette magique, fait disparaître ce qui pollue les autres. Vous êtes un appui, un guide, chez qui les enfants vont trouver du réconfort. Vous n’allez pas faire disparaître les angoisses et les peurs. Les seules personnes qui peuvent vraiment aider les enfants à faire diminuer, voire disparaître leurs angoisses ou leurs peurs, ce sont les enfants eux-mêmes. Pour certains, le simple fait de parler et de se relaxer suffira pour faire diminuer leurs angoisses. Mais pour d’autres enfants, ce sera insuffisant. Ces enfants vont avoir besoin de plus d’attention et peut-être d’un suivi psychologique. Sachez que ce n’est pas parce que ces enfants-là sont plus susceptibles de développer de l’anxiété ou des angoisses, que vous n’allez pas pouvoir les aider. Vous allez pouvoir les guider sur leur chemin, leur montrer comment ils peuvent mieux gérer leurs émotions et leurs peurs et comment ils peuvent les faire diminuer. Je tiens à préciser que même si certains enfants bénéficient d’un suivi psychologique, vous allez quand même avoir un rôle à jouer, puisqu’ici nous sommes dans les premiers secours psychologiques. Qu’est-ce que vous allez pouvoir faire pour aider les enfants à mieux gérer leurs émotions ? Par exemple, vous allez pouvoir faire des activités de relaxation, mettre en place une routine d’apaisement, faire des activités et des actions spécifiques en lien avec une émotion bien particulière (par exemple écrire ce qui fait peur à l’enfant et ensuite faire une boule avec la feuille de papier et la mettre à la poubelle), etc. Le but ici est d’enseigner aux enfants comment ils peuvent reprendre la main sur la gestion de leurs émotions et surtout comment ils peuvent faire diminuer les émotions négatives qui les perturbent.

Il est facile de penser que les enfants sont petits, qu’ils vont rester comme ça pendant quelques années et qu’il n’y a pas d’utilité à leur enseigner ce genre de chose. En tant qu’ancienne enseignante, j’ai une vision différente. Je vois les enfants comme de futurs adultes, qui auront potentiellement un impact positif sur la société et dans le monde en général. Même si nous sommes face à des enfants, nous sommes face à des êtres humains en plein apprentissage de l’écriture, de la lecture, mais aussi de la vie, des expériences et émotions positives et négatives. Je les vois comme des adultes en devenir, à qui nous pouvons enseigner que tout est possible, qu’il est très important de bien savoir gérer ses émotions pour éviter justement que les émotions négatives prennent le dessus sur nous.

Apprendre à lire, à écrire et à compter, sont certes des choses indispensables. Mais c’est également très important d’enseigner aux enfants à mieux gérer leurs émotions, à reconnaître quand ils se sentent mal, et surtout à leur enseigner ce qu’ils peuvent faire pour se sentir mieux. Nous disons tous aux enfants qu’il faut mettre un pansement sur une blessure, s’ils se sont blessés. Il faut aussi faire la même chose pour leur mental, leur expliquer qu’ils doivent agir s’ils se sentent tristes, anxieux ou angoissés. De toutes les étapes que je vous ai présentées aujourd’hui, cette troisième étape c’est la plus importante de toutes.

 

Pour résumer :

Vous pouvez tous rassurer les enfants en suivant 3 étapes simples :

  • 1 : en parlant avec les enfants.
  • 2 : en invitant les enfants à se relaxer. Vous pouvez faire une séance de relaxation de groupe, par exemple.
  • 3 : en enseignant aux enfants à mieux gérer leurs émotions, à reconnaître les signes d’un mal-être qui s’installe en eux et à exprimer ce mal-être, à demander de l’aide pour le faire partir.

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Rassurer les enfants en 3 étapes

by Elodie | The ComMemories Podcast

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