Quand un enfant ou un adulte doit consulter un professionnel de santé ?

par | Août 29, 2019 | Parents, Premiers Secours Psychologiques, Professionnels de l'enfance | 0 commentaires

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Que l’on souhaite aider un enfant ou une personne victime ou témoin d’un attentat, nous faisons de notre mieux pour la réconforter, l’accompagner et la soutenir. Mais il arrive un moment, ou notre aide ne suffit plus. Il va donc falloir se tourner vers des professionnels de santé. Mais comment savoir quand exactement passer le relai ? Dans l’article d’aujourd’hui je vais vous expliquer quand vous devez demander de l’aide professionnelle que ce soit pour un enfant pour un adulte.

1. Pour les enfants.

Tout d’abord, je tiens à vous rappeler que ce n’est pas parce que vous êtes un parent ou un professionnel de l’enfance, que vous ne pouvez pas parler de guerre, des attentats, de deuil ou de mort avec les enfants. Il n’y a pas besoin d’être psychologue pour parler de ce genre de choses. Vous pouvez très bien en parler avec eux, les rassurer, les réconforter, et si nécessaire mettre en place une routine d’apaisement pour qu’ils se sentent mieux et reprenne une meilleure gestion de leurs émotions. Il y a plusieurs articles sur le blog qui traite de ces sujets-là, que je vous invite à lire en cliquant ici. Par contre, votre rôle de guide/accompagnant a ses limites. Bien sûr vous pouvez être là pour les enfants, pour parler, pour les réconforter, mais vous n’êtes pas médecin. Ce qui veut dire que si malgré les discussions que vous avez, malgré votre présence, votre soutien et le réconfort que vous apportez, si l’enfant se sent toujours aussi mal c’est à ce moment-là qu’il va falloir passer le relai un professionnel de santé.

Imaginons par exemple qu’une personne de votre famille se fasse opérer du genou. L’opération se passe bien, cette personne rentre au domicile et vous allez vous occuper d’elle. Même si vous n’êtes pas infirmier, médecin ou chirurgien, vous allez pouvoir aider cette personne dans son quotidien. Vous allez pouvoir l’aider à se lever, à s’habiller, à marcher, à se laver, à faire ses courses, à faire son ménage, etc. Vous allez également pouvoir l’aider à faire ses pansements, à prendre ses médicaments, vous allez surveiller la plaie, etc. Si cette personne saigne un petit peu vous allez pouvoir désinfecter la plaie et refaire un pansement. Par contre si cette personne a des douleurs qui ne passent pas malgré les soins et les médicaments, ou pire s’il y a hémorragie, il va falloir l’emmener à l’hôpital où les médecins prendront le relai et l’examineront. Vous n’êtes pas médecin ni chirurgien, vous ne pouvez donc pas savoir ce qui provoque ces douleurs ou l’hémorragie. Il faut donc que vous passiez le relai à ceux dont c’est le métier.

Si malgré tout ce que vous faites pour un enfant, le mal-être est toujours là, voire qu’il empire, il va falloir passer le relai à un professionnel de santé. Il y a plusieurs signes qui doivent vous alerter :

  • des changements de comportement
  • des douleurs musculaires
  • des maux de ventre ou de tête
  • des cauchemars, des insomnies, des troubles du sommeil
  • un manque d’appétit

Même si l’enfant peut ressentir des douleurs, il ne présente aucune blessure. Tout se passe à l’intérieur de lui. Il souffre psychiquement et aussi physiquement. Il est donc primordial de vous dire à ce moment-là : « Ok, malgré ce que je fais, mon fils/ma fille va mal. Il faut que nous allions voir un médecin/pédopsychiatre/psychologue pour enfant ». Cependant, garder à l’esprit que ce n’est pas parce que vous allez faire appel à un professionnel de santé que votre accompagnement va s’arrêter. Au contraire, vous allez pouvoir parler avec cette personne, lui expliquer ce que vous faites avec votre enfant (vous parlez, vous le rassurez, vous faites de la relaxation, vous avez mis en place une routine d’apaisement), mais que malgré tout ça votre fils ou votre fille se sent toujours aussi mal. Malgré le fait que votre enfant soit suivi par un professionnel de santé, vous allez pouvoir continuer de lui parler, de le rassurer, de le réconforter et de continuer la routine d’apaisement, avec les conseils du médecin. Je reprends l’exemple de la personne qui s’est fait opérer du genou. Imaginons que la cicatrisation se soit mal passée et que la plaie saigne beaucoup. Cette personne va retourner voir son médecin. Peut-être qu’elle va devoir se faire à nouveau opérer, mais une fois qu’elle aura vu le médecin et qu’elle se sera fait opérer, elle aura toujours besoin de quelqu’un qui l’aide dans son quotidien. Son médecin ne sera pas à son chevet tout au long de sa convalescence à lui faire à manger, le ménage, les course, etc. C’est vous qui allez l’aider. Pour les enfants, ce sera la même chose. Vous allez continuer de les soutenir, et ce même s’ils se font accompagner par un professionnel de santé.

2. Pour les adultes.

C’est exactement la même chose et je vais prendre un autre exemple. Quand j’étais encore à Londres et que le stress post-traumatique venait tout juste d’apparaître, j’en ai parlé à ma mère. Quand je suis revenu en France, je n’en ai pas reparlé pendant quelque temps. Sauf que bien sûr le stress post-traumatique n’avait pas disparu. Il était bien présent et me le faisais savoir : je faisais des cauchemars, je dormais très mal, j’avais également des plaques rouges un peu partout sur le corps et des douleurs à l’estomac (quand l’esprit va mal, le corps nous le fait savoir). Au bout d’un moment, j’ai fini par en reparler à ma mère et elle m’a tout de suite dit qu’il fallait que j’aille voir un psychologue. Non pas qu’elle ne voulait pas m’aider, mais elle ne savait absolument pas comment faire, ne savait pas quoi me dire pour m’aider à me sentir mieux et elle était perdue. J’ai donc été voir une psychologue qui m’a suivi pendant 8 mois. Ce n’est pas parce que cette psychologue m’a suivi que j’ai arrêté de parler avec ma mère. Quand je me levais le matin et qu’elle demandait si j’avais bien dormi, je lui répondais que non, car j’avais fait des cauchemars, j’avais entendu des coups de feu une bonne partie de la nuit et je me levais avec un mal de tête. Ma mère ne savait pas quoi répondre, tellement elle se sentait démunie. Mais je n’attendais pas forcément de réponse de sa part. Le simple fait d’en parler me permettait de poser des mots sur un mal-être et me soulageait.

Même si un de vos proches bénéficie d’un suivi auprès de professionnels de santé (médecin, psychologue ou psychiatre), vous allez toujours pouvoir l’accompagner sur son chemin de reconstruction. Nul besoin de vous mettre une pression de dingue et de vous forcer à parler.

Comme je le disais quelques lignes plus haut, je n’attendais pas forcément de réponse à ma souffrance lorsque j’en parlais avec ma famille, le simple fait qu’ils soient là, auprès de moi, sentir leur présence, me suffisait et me suffit toujours aujourd’hui, car je ressens moins le besoin d’en parler avec eux. Chaque situation est unique. Dites-moi en commentaire comment est la vôtre.

3. Accompagner.

Qu’il s’agisse d’un enfant ou d’un adulte, ce n’est pas parce qu’il y aura un suivi psychologique ou psychiatrique que votre rôle d’accompagnant va s’arrêter, bien au contraire. Je reprends l’exemple de la personne qui s’est fait opérer du genou. Si la cicatrisation se passe mal, s’il y a une infection ou des complications, cette personne retournera à l’hôpital, une ou plusieurs fois, mais elle reviendra toujours chez elle et aura toujours besoin de quelqu’un pour l’aider dans son quotidien, pour les tâches domestiques, mais aussi pour un soutien moral. Si votre enfant, ou un de vos proches bénéficie d’un suivi psychologique, vous serez toujours là pour l’accompagner dans son quotidien, pour le soutenir et le guider sur son chemin de reconstruction.

Pour résumer, vous pouvez accompagner et soutenir un enfant ou une victime, parler avec lui, le réconforter, faire des activités qui lui procurent un bien-être. Mais si le mal-être est toujours présent, il faudra passer le relai à un professionnel de santé. Ce qui ne veut pas dire que votre soutien s’arrête net. Vous pouvez toujours, et je vous le recommande, continuer d’accompagner et d’aider l’enfant ou la victime dans sa reconstruction.

Voici un autre article qui pourrait vous intéresser : https://www.santemagazine.fr/psycho-sexo/psycho/psycho-enfant/quand-faut-il-emmener-son-enfant-chez-le-psy-171532

Pour rechercher un professionnel de santé près de chez vous : https://monpsy.psychologies.com/


Si vous êtes parents
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Quand un enfant ou un adulte doit consulter un professionnel de santé ?

by Elodie | The ComMemories Podcast

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