Premiers secours psychologiques : par où commencer ?

par | Juin 27, 2019 | Premiers Secours Psychologiques | 0 commentaires

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C’est un sujet dont on parle encore peu en France : les premiers secours psychologiques. Nous connaissons tous les premiers secours « physiques ». Il y a même des formations qui sont dispensées pour ceux qui souhaitent se former aux gestes de premiers secours. Mais en ce qui concerne les premiers secours psychologiques, il y a encore un long chemin à faire. J’ai déjà parlé des premiers secours psychologiques dans l’article « 5 questions concernant les premiers secours psychologiques » et un autre consacré aux premiers secours psychologiques pour les personnes travaillant dans le domaine de la défense (policier, gendarme, militaire). Pour ceux qui souhaitent en apprendre davantage sur ce sujet, l’article d’aujourd’hui est consacré aux premiers secours psychologiques.

 

1. Choisir d’aider ou pas.

Lorsque nous voyons une personne blessée qui a besoin de notre aide, nous allons aller vers elle pour lui prodiguer les premiers soins. Ensuite, nous allons appeler les secours, qui une fois sur place vont prendre le relais. Nous pourrons alors arrêter d’aider la personne blessée et retourner à nos occupations. Avec les premiers secours psychologiques, ce sera différent, car ce sont des soins que vous allez surtout pouvoir prodiguer à vos proches. C’est possible que vous ayez à assister une personne que vous ne connaissez pas, par exemple une personne qui fait une crise de panique. Mais une fois la crise et votre assistance terminées, vous ne reverrez plus cette personne. Les premiers secours psychologiques sont surtout des soins que vous allez prodiguer à vos amis, aux membres de votre famille ou à vos collègues. Ce qui veut dire que certes, vous allez pratiquer une intervention de premiers secours, mais si la personne a besoin d’un accompagnement sur la durée, il va falloir que vous soyez là pour elle. Voyez ça comme une personne qui s’est fait opérer de la jambe, par exemple. Elle ne peut plus conduire, a des difficultés à se laver, ne peut pas rester debout trop longtemps pour faire la cuisine, ne peut plus faire son ménage, ne peut plus faire ses courses, etc. Cette personne va avoir besoin de quelqu’un qui l’aide au quotidien, le temps que sa jambe guérisse. Cela demande de la part de la personne qui l’accompagne du temps, de l’énergie et une grande disponibilité. Cet engagement envers cette personne peut durer quelques semaines ou quelques mois. Avec les premiers secours psychologiques, c’est la même chose.

Si vous êtes un proche d’une victime d’un attentat, il est très important que vous soyez conscient qu’elle va avoir besoin d’être accompagnée sur le long terme. On peut parler en semaine, en mois ou en année. Choisir d’aider cette personne, c’est décider de l’accompagner, de l’écouter et de l’aider dans son quotidien à se reconstruire. Ce n’est absolument pas quelque chose à prendre à la légère. Vous avez le choix entre aider cette personne et vous engager auprès d’elle, à être là quand elle en aura besoin, et ce même si ça dure plusieurs mois ou années. Ou vous avez le choix de ne pas aider cette personne, et c’est ok aussi, pour de multiples raisons qui vous appartiennent (vous ne vous sentez pas capable de l’aider, vous ne savez pas si vous allez être disponible sur le long terme, vous ne savez pas si vous avez toutes les ressources et connaissances nécessaires pour l’aider, etc.). Il faut donc prendre le temps de réfléchir avant de choisir d’aider ou pas, parce que si vous choisissez d’aider une personne sur le long terme et qu’au bout de trois mois vous devenez indisponible, ou vous en avez marre, ou vous ne savez plus quoi faire et vous décidez de la laisser tomber, au final votre choix qui partait d’une bonne attention, va faire plus de mal que de bien. C’est pour cette raison qu’il est essentiel de prendre le temps de réfléchir dès le départ si vous souhaitez, vous et uniquement vous, aider cette personne et l’accompagner sur son chemin de reconstruction.

 

 

2. Se former.

Si vous choisissez d’aider cette personne, vous n’allez pas improviser. Les premiers secours psychologiques ne sont pas innés. Ça demande de se comporter d’une certaine façon et de posséder des qualités et des connaissances que vous n’avez pas forcément. Si vous voyez une personne blessée, à terre et que vous allez vers elle pour l’aider, on est d’accord que vous aurez suivi une formation pour lui prodiguer les premiers soins (vous savez quoi faire s’il s’agit d’une fracture, d’une hémorragie ou d’un arrêt cardiaque). Ce n’est pas pour rien qu’il y a des formations aux premiers secours qui sont dispensés. C’est pareil pour les premiers secours psychologiques. Et c’est là que le problème arrive. En France, les premiers secours psychologiques et tout ce qui touche à la santé mentale, sont encore des sujets dont on parle peu. Ce qui veut dire qu’il y a certes des formations aux premiers secours psychologiques, mais qui sont dispensés pour la plupart uniquement dans des entreprises et qui sont onéreuses (environ 1500€). J’ai eu de la chance, car lorsque je vivais en Angleterre j’ai pu suivre deux formations aux premiers secours psychologiques avec l’association pour laquelle je travaillais et qui n’a couté que 190£ par personne.

Mais alors que faire si je veux en apprendre davantage sur ce sujet ? Premièrement, je vous invite à lire des livres consacrés aux premiers secours psychologiques. Il y en a plusieurs, surtout en ce qui concerne les victimes d’actes terroristes, qui vous aide à mieux comprendre le traumatisme qu’elles ont vécu et comment les accompagner sur leur chemin de reconstruction (vous trouverez une liste d’ouvrage à la fin de cet article). J’ai également trouvé un Mooc sur le thème du rétablissement (se rétablir un vrai délire), de 6 semaines qui est proposé par l’Institut et Haute École de la Santé La Source & EESP. Voici le lien pour vous inscrire : https://moocs.hes-so.ch/?redirect=0

Je vous invite aussi à lire les articles du blog. Étant formé aux premiers secours psychologiques, j’écris régulièrement des articles sur ce sujet, pour vous partager mes connaissances.

 

3. Les bases.

Que vous soyez formé aux premiers secours psychologiques ou non, j’avais envie d’écrire un paragraphe pour vous parler des bases. La première chose que vous devez savoir, c’est qu’en tant que secouriste de l’esprit (comme j’aime le dire), vous avez un rôle d’accompagnant et uniquement d’accompagnant. À aucun moment vous n’allez avoir le rôle d’un médecin, d’un psychologue ou d’un psychiatre. Votre rôle va être de guider et d’accompagner la personne sur son chemin de reconstruction. Comme je l’ai dit un peu plus tôt, votre rôle d’accompagnant va se faire sur la durée. Vous n’allez pas aider une victime d’attentat uniquement dans les jours qui vont suivre l’attaque. Votre aide devra se faire sur le long terme.

En tant qu’accompagnant, vous allez devoir développer certaines qualités qui vont être indispensable pour aider au mieux la victime : flexibilité, que ce soit dans votre comportement, votre façon de bouger, votre vocabulaire ou dans votre approche ; l’empathie ; le non jugement ; l’écoute active. Hors de question de vous mettre en colère ou de dire des choses comme : « maintenant ça suffit ! Il faut que tu reprennes ta vie, tu ne peux plus continuer comme ça ». Lorsque vous parlez avec une victime, il est également indispensable d’être calme. Ce sont les qualités de base d’un bon accompagnant.

 

Pour résumer :

  • La toute première chose à faire est de réfléchir si vous souhaitez aider ou non une personne en détresse psychologique. S’il s’agit d’un proche, vous devez savoir que votre engagement se fera sur le long terme.
  • Ne prodiguez pas les premiers secours psychologiques en improvisant. Formez-vous, lisez des livres sur le sujet, suivez des Mooc et des formations.
  • Enfin, un bon accompagnant doit développer certaines qualités pour aider et accompagner les victimes du mieux possible.

 

Liste de livres :

Patrick Clervoy, « Tous choqués, vaincre nos peurs après les attentats », 2016, Édition Tallandier

Violaine-Patricia Galbert, « Vivre avec une victime d’attentat, le traumatisme des proches », 2018, Édition Odile Jacob

Sylvie Tenenbaum, « Apprendre à vivre avec les attentats, comprendre et surmonter le stress post- traumatique », 2016, Éditions Albin Michel

 

Pour allez plus loin :

Le Podcast

Premiers secours psychologiques : par où commencer ?

par Elodie | The ComMemories Podcast

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