Les premiers secours psychologiques pour les métiers de la défense expliqués en 3 points

par | Déc 27, 2018 | Premiers Secours Psychologiques | 0 commentaires

emplacement fenêtre

Bienvenue sur ComMemories ! Si vous êtes parents, je vous invite à lire le guide " Les 5 erreurs à éviter pour parler de violence, de guerre ou des attentats avec son enfant " : cliquez ici pour le télécharger gratuitement. 

Si vous travaillez auprès d’enfants (j’ai aussi pensé à vous), rejoignez le mini-cours de 7 vidéos pour rassurer les enfants face à la violence : cliquez ici pour y accéder gratuitement.

Merci de votre lecture, et à très vite sur ComMemories.

Ça y est, Noël est fini. J’espère que vous avez passé un bon moment avec vos proches et que le père Noël vous a apporté de jolis cadeaux. La fin de l’année approche et qui dit fin de l’année, dit Nouvel An festif. Et comme pour tout Nouvel An, la sécurité sera renforcée avec en première ligne les militaires, policiers et gendarmes. Il y a quelques mois, j’ai écrit un article sur les premiers secours psychologiques, mais c’était un article général. Aujourd’hui, je vous propose un article sur la même thématique, les premiers secours psychologiques, mais consacrés aux métiers de la défense.

 

Si vous vous demandez ce que sont les premiers secours psychologiques (PSP), je vous invite à lire cet article.

 

Pourquoi existe-t-il des PSP pour la population civile et des PSP pour les métiers de la défense ?

Tout simplement parce que ce sont des métiers où les soldats, gendarmes et policiers sont confrontés à la violence beaucoup plus souvent que le reste de la population. La menace terroriste fait aussi qu’ils sont beaucoup plus sollicités qu’avant, avec un temps de repos qui a diminué et un stress permanent. En étant exposé à des situations violentes, voire traumatiques, de façon répétée, un mal-être psychique peut s’installer. Il va donc falloir être vigilant aux signes d’un mal-être qui arrive, afin d’empêcher son installation et son aggravation. Le premier trouble qui nous vient à l’esprit quand on pense aux forces armées, c’est le trouble de stress post-traumatique (TSPT). Néanmoins, il en existe d’autre comme les troubles de l’anxiété, troubles alimentaires, une consommation d’alcool qui augmente voir une consommation de produits stupéfiants, une violence physique et/ou verbale, etc.

Dans mon manuel de premiers secours psychologiques pour l’armée, il y a un passage qui dit que dans la culture militaire, il y a un mélange entre parler et se taire. C’est-à-dire que d’un côté il y a cet aspect très masculin qui colle encore aux métiers de la défense et qui fait que l’on ne doit pas parler, on doit rester fort en toute circonstance, ne pas montrer ses émotions, et de l’autre il y a ces hommes et ces femmes qui ont développer un sens de l’amitié et de camaraderie entre eux, et qui peut laisser place à des conversations durant lesquelles ils vont s’ouvrir sur ce qu’ils ressentent. Le fait de parler, même si c’est juste entre eux, permet d’ouvrir une soupape, de laisser partir un tout petit peu de vapeur, ne serait-ce que pour un court moment. Malgré les progrès et la libération de la parole concernant la santé mentale, il y a encore des individus au sein des métiers de la défense, qui vont avoir tendance à tout garder pour eux et à ne pas en parler, voire à ne pas vouloir être aidé. Le problème, c’est que si on ne parle pas ou si on refuse d’être aidé, les troubles vont s’aggraver. Il faut savoir que même si une personne va parler de son mal-être, si cette dernière refuse d’être aidée, vous ne pouvez pas l’y obliger. C’est donc très important d’être formés aux premiers secours psychologiques, spécialement dédiés pour les métiers de la défense, puisque ça va vous permettre de repérer les signes d’un mal-être qui s’installe et d’intervenir auprès d’un individu pour lui proposer votre aide et l’orienter vers les services appropriés.

 

Que faire si une personne refuse d’être aidée ?

Si la personne vous a parlé de son mal-être, c’est déjà un grand pas, puisque la personne s’est ouverte et vous a parlé. Par contre, vous ne pouvez pas l’obliger à se faire suivre par un professionnel de santé (médecin, psychologue, psychiatre). Vous devez respecter son choix. Cependant, ce n’est parce que cette personne refuse d’être aidée que vous allez la laisser tomber. Au contraire, c’est indispensable que vous disiez à cette personne que vous respectez son choix, et que si elle ressent le besoin de vous reparler plus tard (que ce soit demain, la semaine prochaine ou le mois d’après), vous serez disponible. Malgré la tristesse ressentie face à une personne qui souffre et qui refuse d’être aidée, vous devez respecter son choix. Vous n’êtes pas la personne, vous n’êtes pas en contrôle de sa vie. Vous ne pouvez pas forcer une personne à recevoir de l’aide et vous ne pouvez pas forcer quelqu’un à se reconstruire. Pour pouvoir changer une situation, pour pouvoir se reconstruire, il faut d’abord le vouloir. Or, tant que cette volonté n’est pas là, vous ne pouvez rien faire. Tout changement, toute décision, vient d’abord de nous-mêmes.

 

L’entourage

Quand je parle de premiers secours psychologiques pour les personnes travaillant dans la défense, je prends aussi en compte l’entourage (leurs familles, leurs amis), car vivre aux côtés d’un soldat, d’un gendarme ou d’un policier est différent des autres métiers. Par exemple, les militaires sont confrontés à des périodes de séparation pouvant être longues en cas de déploiement à l’étranger. Ceux qui restent, les membres de la famille, se retrouvent face à une absence, une anxiété, voire une angoisse, pour celui qui est parti. Ces troubles peuvent s’installer et devenir chroniques. Les premiers secours psychologiques vont donc vous aider à parler avec l’entourage. Autre exemple, un soldat part pendant 8 mois en Afghanistan et développe quelques mois après son retour à la maison, un TSPT (trouble de stress post-traumatique). Non seulement son quotidien est détérioré, mais c’est également celui de toute la famille qui est bouleversé. Il n’est plus le même, il est agressif, se met en colère pour rien, les enfants ont peur de lui, ses proches n’arrivent pas à lui parler, etc. Si ce soldat ne parle pas et continue sa vie avec ce trouble, le quotidien va vite basculer dans le chaos. Le conjoint, l’entourage ne sait pas quoi faire et peut se sentir démuni. Il y a aussi ceux qui sont blessés au cours de leur déploiement ou de leur service. Suivant la gravité de la blessure, le quotidien peut être complètement chamboulé, et le conjoint devient alors un infirmier à temps plein, alors que ce n’était pas son rôle primaire.

C’est très important de comprendre que les métiers de la défense peuvent impacter ceux qui y travaillent, mais aussi leur entourage. Quand je travaillais à la Royal British Legion, il m’est arrivé plusieurs fois de lire des emails désespérés de femmes de soldats ou de vétérans. Ces derniers souffraient de trouble (comme le TSPT), et le quotidien était devenu insupportable. L’alcool, les insultes, les coups, les enfants qui ont peur, etc. Ces hommes sont des victimes, mais leur entourage l’est également. Les troubles ne vont pas forcément apparaître tout de suite. Il peut se passer plusieurs semaines, mois ou années avant que les premiers signes n’apparaissent.

 

Ce que vous pouvez faire :

  • Être présent
  • Écouter ce que ces personnes vous disent
  • Les orienter vers les services appropriés.

Vous pouvez également leur donner des conseils pour qu’il puisse réduire leur stress. Nul besoin d’être un professionnel de santé pour s’allonger et se relaxer pendant un moment. Par exemple, vous pouvez leur montrer des exercices de respiration, vous pouvez les aider à créer une routine bien-être avec des activités qui vont leur correspondre (lire un livre, méditer, faire du sport, faire des exercices de relaxation, s’allonger pendant 20 minutes, manger plus sainement, etc.). Pour pouvoir se sortir de cette négativité, il va falloir à un moment donné changer, que ce soit notre posture, notre façon de respirer, notre façon de nous alimenter ou notre façon de penser. Je prends l’exemple d’une personne tombé dans l’alcool. Si elle veut s’en sortir, il faut déjà qu’elle veuille le changement (passer d’une situation où elle boit de l’alcool, à une situation où elle ne boit plus). Il faudra que la personne accepte de se faire aider et il faudra changer ses habitudes de vie. Plus d’alcool la journée entière, mais des habitudes plus saines, sous la surveillance d’un professionnel de santé. Même si vous n’êtes pas médecin, vous pouvez être un accompagnant, un soutien pour cette personne tout au long de son chemin de reconstruction.

Liens utiles:

Mieux vivre le déploiement pour le militaire et sa famille

Traumatisme psychique (site du ministère des armées)

Le soutien psychologique dans l’armée de terre (numéro vert Ecoute Défense 08 08 800 321)

 

 

1 Partages
Partagez1
Tweetez
Partagez
Enregistrer
+1