Pourquoi est-ce important de parler des attentats aux enfants ?

par | Juil 25, 2019 | Parents, Professionnels de l'enfance | 0 commentaires

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Il y a quelque temps j’ai reçu un commentaire sous l’article « Parler des attentats aux enfants : une bonne idée ? ». Il s’agit d’une maman qui a écrit que, je la cite :  « Parler des attentats aux enfants c’est de la bêtise. Ils sont trop petits pour comprendre. Ça ne fera que les traumatiser ». Tout d’abord, je souhaiterais dire que je respecte la décision des parents qui ne souhaite pas parler des attentats à leurs enfants. L’article d’aujourd’hui ne leur est pas destiné. Il est destiné aux parents qui veulent parler des attentats avec leurs enfants. Je sais que c’est un sujet qui est très difficile à aborder. C’est déjà difficile d’en parler entre adultes et avec les enfants c’est encore pire. Pourtant, c’est très important d’en parler avec eux et je vais vous expliquer pourquoi.

 

1. Répondre aux questions des enfants.

Il faut savoir qu’après un attentat, les enfants vont se poser des questions. Il se peut que l’attaque soit arrivée dans votre quartier, le soir, que vous étiez chez vous, que vos enfants étaient couchés et qu’ils ont tout entendu (explosion, coups de feu, cris, sirènes). La première chose que je vous conseille de faire, c’est d’aller voir un professionnel de santé (médecin généraliste, psychologue ou psychiatre), ou la cellule d’urgence médico-psychologique qui a été mise en place. Même si vous ne faites pas partie des victimes, ce qu’il s’est passé a pu vous choquer, voire même vous traumatiser. La deuxième chose va être d’en parler avec vos enfants. Il va être difficile d’éviter les questions qu’ils vont vous poser, car ils ont tout entendu. Si vous ne vous sentez pas capable de répondre aux questions de vos enfants, demander à votre conjoint de le faire, ou amener les voir un professionnel de santé (psychologue pour enfants, pédopsychiatre). Vous pouvez en parler avec la personne que vous aurez vu en lui expliquant que vous avez des enfants, qui ont tout entendu et que vous ne savez pas forcément par où commencer pour en parler avec eux.

Pour toutes les autres familles qui se trouvent éloignées du lieu de l’attentat (ça peut aller d’une dizaine de kilomètres à des centaines de kilomètres), certes vos enfants n’auront pas entendu l’attentat lui-même, mais ils vont en entendre parler à la télévision, à l’école, ou en écoutant les adultes en parler. Ils peuvent voir des scènes de violence à la télévision ou sur internet, sentir la peur et l’angoisse chez les adultes, car lorsqu’un événement d’une telle violence se produit, ça nous fait peur à nous, adultes, et les enfants vont ressentir notre peur. Au bout d’un moment, ils vont finir par se poser des questions et ils vont chercher des réponses. Vous êtes leurs parents et c’est normal qu’ils viennent vous voir, parce qu’il vous aime, vous font confiance et se sentent en sécurité avec vous. Il faudra donc que vous preniez le temps de leur parler.

 

aider les parents et les professionnels de la petite enfance à parler de violence, de guerre, des attentats avec les enfants

 

2. Un moment d’échange sur ce que vous ressentez.

Parler des attentats avec son enfant, c’est parler de violence, de blessé et de mort. Malgré la gravité de la conversation, c’est l’occasion de parler de ce que vous ressentez. Quand votre enfant va venir vous voir pour poser ses questions et parler avec vous, il se peut que soit la première fois qu’il vous voie paniqué, angoissé ou anxieux. Il peut être choqué de vous voir ainsi, car normalement vous êtes un modèle de protection pour lui et il voit ce modèle qui a peur, qui stresse, ce qui peut l’amener lui-même à ressentir tout ça. Le fait de parler avec lui ou elle et de lui dire : « Oui je suis ton père, je suis ta mère et je suis là pour te protéger, te réconforter. Mais parfois, je peux me sentir triste ou avoir peur et c’est à cause de l’attentat ». Je vous invite à parler de ce que vous ressentez avec votre enfant. Vous pouvez tous les deux vous sentir tristes, ou avoir des émotions différentes (vous êtes triste et votre enfant est angoissé). Vous pouvez aussi lui expliquer que même si nous sommes des adultes, c’est normal qu’on ait peur, qu’on soit paniqué ou qu’on soit triste. Vous pouvez aussi lui expliquer que les gens ne ressentent pas la même chose. Il y a des gens qui seront tristes, d’autres qui seront carrément paniqués et d’autres qui continueront leurs vies comme si rien ne s’était passé, et tout ça c’est normal parce que nous sommes tous différents.

 

3. Détecter un mal-être.

Ensuite, vous allez pouvoir parler de ce que votre enfant ressent. Est-ce qu’il a peur ? Est-ce qu’il est angoissé ? Est-ce qu’il fait des cauchemars ? Est-ce qu’il a des douleurs ? (maux de ventre, maux de tête, douleurs musculaires dans le dos et les épaules). Les réponses que va vous donner votre enfant vont être des indications qui vont vous permettre de mieux comprendre comment il se sent. C’est normal pour un enfant de se sentir mal, même si l’attentat s’est passé à des centaines de kilomètres de chez lui. Il y a des enfants qui sont plus sensibles que d’autres et qui ont été marquées par plus de choses que d’autres. Il se peut que votre enfant soit choqué, stressé ou angoissé. Le fait de lui poser des questions sur ce qu’il ressent tant au niveau physique qu’au niveau mental va vous permettre de détecter si un mal-être ou un trouble est en train de s’installer. Surveillez votre enfant dans les jours qui suivent l’attaque. Si vous constatez un changement de comportement, consulter un psychologue pour enfant ou un pédopsychiatre.

 

aider les parents et les professionnels de la petite enfance à parler de violence, de guerre, des attentats avec les enfants4. Parler pour rassurer.

Il n’y a qu’en parlant des attentats que vous allez pouvoir rassurer votre enfant. C’est quelque chose dont j’ai déjà parlé dans plusieurs articles, mais je le répète ici parce que c’est tellement important. Si vous décidez de parler des attentats avec votre enfant, dites-vous que vous le faites pour une bonne raison. Le but n’est pas de le traumatiser, mais de lui parler pour lui dire ce qu’il s’est passé, sans rentrer dans des détails sordides. Vous lui parler pour lui dire la vérité et pour éviter qu’il utilise son imagination pour trouver lui-même les réponses à ses questions. Vous allez lui parler de l’attentat, lui expliquer que des terroristes ou des méchants (si votre enfant préfère le mot méchant) ont attaqué des gens et que certains sont blessés ou morts. Ensuite, c’est très important de laisser parler votre enfant, de lui donner du temps pour qu’il puisse s’exprimer librement que ce soit par des phrases, par des mots, par des gestes ou des dessins. Ce n’est qu’une fois que vous aurez parlé, répondu à toutes ces questions, échanger sur les émotions que vous ressentez, que vous allez pouvoir le rassurer. Même si l’attentat s’est produit à des centaines de kilomètres, l’enfant peut penser que : « si c’est arrivé dans cette ville, ça peut aussi arriver dans ma ville, à mon école ou à ma maison ». C’est pour cette raison qu’il va falloir rassurer votre enfant, prendre le temps de choisir des mots rassurants, des mots qu’il va comprendre et qui vont ramener un sentiment d’apaisement et surtout de sécurité.

 

Pour résumer :

  • Après un attentat, il se peut que votre enfant vous pose des questions. Si c’est le cas, laisse-le vous poser ses questions et prenez le temps de lui répondre.
  • Lors de votre discussion, parler de ce que vous ressentez en tant qu’adultes. Expliquer à votre enfant que c’est normal pour un adulte de se sentir triste ou d’avoir peur après ce genre d’événement.
  • Demander à votre enfant ce qu’il ressent et poser lui plusieurs questions si nécessaire. Cela vous permettra de détecter si un trouble (anxiété, stress) est en train de s’installer.
  • Rassurez toujours votre enfant à la fin de chaque discussion.

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Pourquoi est-ce important de parler des attentats aux enfants ?

par Elodie | The ComMemories Podcast

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