Une pilule pour se remettre plus rapidement du stress post-traumatique

par | Avr 25, 2019 | Premiers Secours Psychologiques | 0 commentaires

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Pendant l’été 2016, plusieurs victimes des attentats du 13 novembre à Paris ont participé à une grande étude clinique, intitulé Paris Mémoire Vive, visant à atténuer les conséquences psychiques du stress post-traumatique, qu’il s’agisse de troubles du sommeil, de palpitations ou de dépression : « On interfère au moment où le souvenir passe de la mémoire à court terme à la mémoire à long terme en atténuant son intensité, explique Alain Brunet, spécialiste du traumatisme à l’université McGill de Montréal et copilote du programme. On fait en sorte que le souvenir traumatique devienne un simple mauvais souvenir… Un peu comme le souvenir d’un ex-petit ami ». L’objectif est de faire diminuer l’impact traumatique du souvenir.

 

Comment est-ce possible ?

Il ne s’agit pas uniquement d’une pilule, mais également d’un suivi thérapeutique. L’association du propranolol, qui est à la base un médicament visant à lutter contre les migraines, à un suivi psychologique permettrait de se remettre plus rapidement d’un stress post-traumatique : « « ParisMem (le nom du programme pour Paris mémoire vive) montre qu’une communauté éprouvée peut se relever en quelques mois de ses séquelles psychotraumatiques, sans antidépresseurs, sans longue psychothérapie », s’enthousiasme le professeur Brunet ».

 

Comment s’est déroulé cet essai ?

Pour cette étude, les victimes devaient prendre un comprimé de propranolol. Il devait ensuite écrire leur souvenir traumatique et attendre une heure avant de le lire.

Selon Martin Hirsch, directeur général de l’AP-HP, il s’agit de la plus grande étude au niveau international sur ce sujet qui va permettre de faire progresser la prise en charge des victimes des attentats partout dans le monde. Selon Martin Hirsch, cette thérapie pourrait être élargie à d’autres personnes que les victimes d’actes terroristes : « ce procédé pourra être appliqué pour bien d’autres situations traumatisantes… que ce soit lors d’une agression, d’un accident de la route, d’un vol avec violence… »

 

Est-ce que cette pilule peut remplacer un suivi psychologique ?

La réponse est non. Lors de l’étude, tous les participants qui ont pris ce traitement bénéficiaient en plus d’un suivi psychologique. Ce qui veut dire qu’un suivi encadré par des professionnels de santé reste indispensable. La prise seule du traitement médicamenteux ne suffit pas à se remettre du stress post-traumatique.

 

Bientôt une mise à disposition après un chagrin d’amour ?

Ça peut paraître surprenant et pourtant c’est très sérieux. L’étude combinant le propranolol et le suivi psychologique a eu de très bons résultats. Tellement bon que le professeur Brunet a décidé de l’élargir un autre public : les cœurs brisés. Par cœurs brisés j’entends rupture amoureuse. Ce qui veut dire que les personnes traversant un chagrin d’amour particulièrement difficile pourraient bénéficier du même traitement que celui dont ont bénéficié les victimes des attentats du 13 novembre 2015. Le principe reste le même : le patient prend un comprimé de propranolol. Il écrit ensuite son souvenir traumatique et une heure plus tard, il le lit. Pourquoi une heure plus tard ? Parce que le comprimé, un bêtabloquant, fait effet. En plus de traitement, les patients seront encadrés par des professionnels de santé (psychologues et psychiatres). Ce médicament à la particularité d’interférer « au moment où le souvenir passe de la mémoire de court à long terme en lui faisant perdre de son intensité. Le traumatisme reste, mais devient un souvenir, certes mauvais, mais vivable ». Une grande avancée et des résultats encourageants pour des milliers de victimes.

 

Mon expérience.

Je n’ai jamais testé le propranolol. Cependant, j’ai tout même bénéficié d’un suivi psychologique à la suite du stress post-traumatique. J’ai pu bénéficier de plusieurs sessions, qui se sont étalées sur huit mois. Je n’ai pris aucun médicament en lien avec le stress post-traumatique. Premièrement parce que mon médecin traitant ne m’en a pas proposé, et deuxièmement même s’il m’en avait proposé, j’aurais refusé. Pourquoi aurais-je refusé ? Parce que les médicaments auraient sans doute réduit les symptômes du stress post-traumatique comme les tensions musculaires, les cauchemars, les hallucinations auditives et les crises d’angoisse. Mais pour moi, ça n’allait pas à la source du problème. J’étais persuadé que si je prenais des anxiolytiques ou des antidépresseurs, ça allait certes atténuer ma souffrance, mais ça n’allait pas la traiter en profondeur. Ce qui veut dire qu’au moment où j’aurais arrêté le traitement, les symptômes seraient sans doute revenus et la prise d’un traitement n’aurait, en fin de compte, servi à rien. J’ai donc préféré me tourner uniquement vers un suivi psychologique auprès d’une psychologue. Ce que je peux dire, c’est qu’il a été efficace. Il m’a beaucoup aidé et m’a permis de faire face, petit à petit, à des situations d’inconfort. Je suis sorti, et je continue de sortir, de ma zone de confort à mon rythme.

 

Aujourd’hui, le stress post-traumatique a très largement diminué. Je ne fais plus de crises d’angoisse comme avant, plus de cauchemars et la dernière fois que j’ai entendu les sirènes de police anglaises (hallucination auditive) c’était en avril 2018. J’ai tout même une certaine anxiété lorsque je dois me rendre dans des endroits où il y a beaucoup de monde, mais je travaille dessus. Comparé au traitement combinant le propranolol à un suivi thérapeutique, mon suivi a duré huit mois. L’étude que je vous ai présentée dans cet article, à démontrer qu’il était possible d’avoir le même type de résultats beaucoup plus rapidement. J’ai hâte d’en apprendre plus sur l’avenir de cette nouvelle thérapie, qui va permettre à de nombreuse personne de retrouver une vie normale plus rapidement, tant pour les victimes d’actes terroristes que pour les personnes traversant une rupture douloureuse. J’ai passé environ un an enfermé chez moi, à avoir peur de sortir, de prendre le train, de me retrouver dans les magasins à l’heure de pointe, et ça a été très long pour que je puisse reprendre une vie normale.

L’avenir semble prometteur avec cette nouvelle thérapie, qui permet de se remettre plus rapidement d’un stress post-traumatique. J’attends de voir les prochains résultats, dont je vous reparlerai sur le blog.

 

Voici deux autres articles sur ce sujet, que je vous invite à lire :

– La pilule contre le chagrin d’amour arrive en France

– Attentats : la pilule miracle du stress post-traumatique 

Le Podcast

Une pilule pour se remettre plus rapidement du stress post-traumatique

by Elodie | The ComMemories Podcast

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