People Power : Fighting for Peace

par | Nov 22, 2018 | Art | 0 commentaires

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Après deux articles consacrés à la Première Guerre mondiale, j’avais envie d’écrire un article, un peu plus gai, sur un autre thème : la paix. Quand je vivais à Londres, j’ai été voir une exposition à l’Imperial War Museum. C’est une exposition qui m’a surprise, puisqu’il faut savoir que l’Imperial War Museum est un musée de guerre. Plusieurs expositions sont ouvertes au public, dont une sur la Première Guerre mondiale et une autre consacrée la deuxième. Sauf que j’y suis allé pour visiter une exposition bien particulière sur le thème de la paix : People Power, Fighting for Peace (le pouvoir du peuple, se battre pour la paix).

Alors je vous avoue que quand j’ai vu que cette exposition était ouverte, j’ai été très surprise parce que normalement quand on va dans un musée de guerre on s’attend à voir des expositions sur la guerre. En revanche, on s’attend moins à voir une exposition sur la paix. Il y a des expositions qui montrent ce qu’est la guerre, et peu, qui parlent de la paix et surtout des gens qui, même en temps de guerre, font ce qu’ils peuvent à leur niveau et avec les moyens qu’ils ont pour faire perdurer la paix et c’est ce dont parle cette exposition. Voici d’ailleurs un teaser.

 

 

Un peu d’histoire.

L’exposition commence lors de la Première Guerre mondiale, en 1914. À ce moment-là, le Royaume-Uni envoie des soldats en France. À l’époque, personne ne pensait que la guerre allait durer quatre ans et personne n’imaginait l’immensité des dégâts matériels et humains qui allait arriver. Les soldats partaient donc au front, confiant. Ça, c’était au début de la guerre. Sauf qu’en 1915, ça change, car la guerre a déjà fait un grand nombre de blessés et de morts. La population britannique commence à se rendre compte de la gravité de cette guerre. À partir de 1915, les inscriptions pour rejoindre l’armée chutent. Les hommes ont compris que ce conflit est parti pour durer plusieurs années et ne veulent plus s’engager dans l’armée. Ils ne veulent pas partir au front. En conséquence, en janvier 1916, le premier ministre britannique de l’époque, Asquith, fait voter une loi pour que tous les hommes en âge de partir faire la guerre soient obligés de s’engager. Voyant l’action du gouvernement et la guerre s’étaler dans le temps, des personnes (hommes et femmes et tous pacifistes) vont alors commencer à manifester contre l’engagement obligatoire dans l’armée et contre la guerre. Nous sommes en 1916, bien avant les manifestations des années 1970.

 

 

Ces personnes manifestent avec des tracts, mais aussi des bannières, chacune avec un message différent, mais toujours focaliser sur la paix. Ces personnes ont manifesté plusieurs fois pendant la guerre. Et, le 11 novembre 1918, la guerre s’arrête, avec un bilan très lourd : près de 10 millions de morts. La guerre est finie, mais le mouvement de ces manifestants ne fait que commencer.

 

Le mouvement est en route.

Plusieurs personnes continuent de se rassembler pour la paix dans les années 1920. Un important rassemblement a lieu le 19 juin 1926, le pèlerinage de la paix, organisé par la ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté, une organisation créée en 1915. D’autres organisations voir le jour comme page 65 No More War Mouvement, fondé en 1921, et bien d’autres. Leur but : faire perdurer la paix et éviter qu’une autre guerre éclate. Malheureusement, ce ne sera pas le cas. L’année 1939 marque le début de la Seconde Guerre mondiale. Très vite, des dizaines de personnes descendent dans les rues avec des pancartes sur lesquels on peut lire « je refuse de m’inscrire » (en référence aux personnes s’engageant dans l’armée).

De la Seconde Guerre mondiale jusqu’à nos jours, les manifestations pour le maintien de la paix n’ont cessé, et c’est ce que cette exposition nous montre. Des conflits du début du 20e siècle, en passant par la guerre froide, la guerre du Golfe, le 11 septembre et l’Irak, les manifestations pour la paix ont continué, et les vestiges qu’elles ont laissés peuvent être admirés dans cette exposition.

 

 

Fuck war !

L’exposition commence avec de magnifiques bannières, accrochées au plafond, sur lesquelles nous pouvons lire « bénit soit les faiseurs de paix », ou « plus jamais ». Des affiches et des photographies datant du début du 20e siècle sont exposées, ce qui créer un contraste entre le message du gouvernement de l’époque (inscrivez-vous, partez au front), et celui des militants pour la paix.

Plus nous avançons dans l’exposition, plus nous avançons dans le temps, avec des œuvres de plus en plus modernes. Nous passons de la Grande Guerre à la Deuxième Guerre mondiale, pour arriver au 6 août 1945 avec une immense photographie murale sur laquelle nous pouvons voir l’explosion d’une bombe atomique, accompagnée d’un texte avec ce titre : « interdire la bombe ».

 

 

Nous arrivons ensuite dans les années 1960, avec le fameux symbole de la paix, que l’on voit un peu partout, sur les affiches, des drapeaux, des tracts et des pins. Puis, nous arrivons face à un grand grillage avec des nœuds accrochés un peu partout. Ce grillage est à  disposition du public, pour que les visiteurs puissent y laisser un message de paix, réalisé avec des nœuds. Vous pouvez voir que certains ont fait des cœurs et d’autres le symbole de la paix (j’ai essayé de faire un cœur, mais il n’était pas très joli).

 

 

Puis, viennent les colombes, les pins, les affiches et les vidéos des années 1970 et 1980. L’audio devient de plus en plus présent. Nous pouvons entendre, en bruit de fond, des personnes manifester dans les rues en scandant des slogans pour le maintien de la paix. Nous arrivons ensuite aux années 2000 et aux manifestations contre l’invasion de l’Iraq. Les pins sont de sortie, les pancartes sont plus modernes, mais le message reste le même : préservons la paix. L’exposition se termine dans les années 2010, avec la montée en puissance du terrorisme, nouvelle menace de la paix.

 

 

Cette exposition est extrêmement riche, tellement riche qu’il est difficile de la présenter et de la décrire en un seul article. C’est une exposition que tout le monde devrait voir et que tous les élèves devraient visiter. Pourquoi ne parle-t-on que de guerre dans les manuels ? Pourquoi ne pas y inclure ces personnes, qui dés 1915 avaient compris que la guerre n’a aucun sens ? Je suis sorti de cette expo pleine d’espoir, en me disant : « si eux l’ont fait pendant la Première Guerre mondiale, nous aussi, nous pouvons le faire. Nous pouvons faire entendre notre voix ». Ça fait du bien de savoir que des gens font tout ce qu’ils peuvent pour préserver la paix, et que ça dure depuis près d’un siècle. Cette exposition n’est plus ouverte au public, mais si elle rouvre, foncer la voir.

 

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