3 choses à savoir pour parler de sujets sensibles (violence, guerre, terrorisme) avec ses élèves

par | Sep 2, 2018 | Professionnels de la petite enfance, Uncategorized | 0 commentaires

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Gérer une classe, ça demande du travail. Mais quand il s’agit de parler de sujets sensibles avec ses élèves, ça demande encore plus de travail. Parler de sujets graves avec sa classe peut faire peur, et c’est tout à fait normal. Si vous êtes professeur des écoles, et que vous ne savez pas comment parler de sujets graves avec vos élèves, alors cet article est pour vous. Voici les 3 choses, essentielles à savoir, avant de commencer une discussion en classe.

 

 

1. La préparation.

Comme toute chose sérieuse, parler de terrorisme ou de guerre avec ses élèves, ça demande un minimum de préparation. Éviter de vous lancer dans une discussion sans l’avoir, au préalable, préparé. Ce serait comme si un bachelier allait passer son bac sans se préparer, sans travailler et sans réviser. Il ne s’agit pas de faire une leçon sur les mathématiques ou la grammaire. Parler de sujets graves, c’est parler de violence, d’armes, de blessés et de mort. Des thèmes parfois difficiles à comprendre pour les enfants. Il ne va pas falloir que vous parliez de ces sujets en restant dans votre posture d’enseignant et d’adulte, mais en vous mettant à la place de vos élèves, en vous adaptant à eux.

Il va donc falloir que vous prépariez de façon concrète ce qui va être dit pendant la discussion. Quand je dis préparer ce qui va être dit, c’est préparé les mots et les phrases que vous allez utiliser. L’objectif de la discussion ce n’est pas de traumatiser les enfants, mais de les informer et de les rassurer. Si par exemple, vous dites à votre classe qu’il y a des terroristes qui ont tué des gens en leur tirant dessus et qu’une personne s’est pris une balle dans la tête, vous êtes sûr de traumatiser vos élèves. Pour que vous soyez prêt, vous devez savoir à l’avance le sujet de la discussion, le contexte de l’évènement (attentat ou guerre, en France ou à l’étranger), les mots et si possible les phrases que vous allez utiliser.

 

2. Laissez les élèves s’exprimer, mais avec des règles.

Une fois que vous aurez préparé la discussion, vous allez pouvoir vous rendre dans votre établissement, commencer la journée dans votre classe et parler avec les enfants. Vous êtes l’enseignant, c’est donc vous qui allez mener la discussion, mais c’est indispensable que les enfants puissent également parler. Vous n’allez pas vous parler à vous-même. Dans une conversation, il y a au moins deux personnes. Dans votre cas il s’agit de plusieurs enfants avec vous, le ou la professeur(e). Ce qui veut dire que vous allez certes mener la discussion, mais qu’il va falloir aussi laisser les élèves parler librement. Alors ça peut être des questions que les enfants peuvent poser, par exemple : «  C’est quoi un terroriste ? Pourquoi il y a des guerres ? » Ensuite, il va falloir que vous répondiez aux questions, en utilisant un vocabulaire adapté à l’âge et à la compréhension des enfants. C’est là que la préparation montre tout son intérêt, car si vous savez à l’avance les mots et les phrases que vous allez utiliser, vous ne serez pas pris au dépourvu et répondrez plus facilement et plus sereinement aux enfants. En tant qu’enseignant, vous devez faire en sorte que les enfants puissent avoir l’opportunité de parler. Il se peut que ce soit les mêmes enfants qui parlent et que d’autres ne puissent pas intervenir. Il faudra donc que vous invitiez les enfants à participer à la discussion. Il se peut aussi qu’il y ait beaucoup de bruit dans la classe, si les élèves posent leurs questions tous en même temps, ou parlent entre eux. Ce qui veut dire qu’il va aussi falloir que vous ayez un rôle d’arbitre.

Il faudra donc mettre en place un cadre, des règles, pour que la discussion se fasse dans le calme et que chaque élève puisse parler s’il en a envie. Par exemple, vous allez pouvoir commencer par expliquer ce qu’est la guerre ou ce qu’est un terroriste, et une fois que vous aurez fini votre explication, vous allez pouvoir dire aux enfants : « Est-ce que vous avez des questions ? Si vous en avez, vous levez la main ». Donc parler et échanger librement sur un sujet c’est bien, mais avec des règles et un cadre c’est mieux, parce que si vous ne mettez pas de cadre, ça va être vite le bazar dans votre classe.

 

3. Soyez zen.

Dans le premier paragraphe de cet article, je vous ai dit qu’une préparation concrète de la discussion était nécessaire. Vous allez parler de notions difficiles, qui peuvent heurter la sensibilité des enfants, mais qui peuvent aussi heurter votre sensibilité. Si vous arrivez en classe et commencez à parler avec vos élèves, mais que vous êtes complètement stressé  et paniqué, vous pouvez être sûr que la conversation sera un échec. Il faut absolument que vous soyez en mode « zéro stress », maître de vous et de vos émotions. Pour vous détendre, vous pouvez faire de la relaxation avant de parler avec votre classe, où vous pouvez en faire le matin avant de vous rendre à l’école. Si la relaxation n’est pas votre truc (je comprends, je connais des personnes qui sont en mode stressé 365 jours par an et qui n’arrivent pas du tout à se relaxer), vous pouvez simplement faire des exercices de respiration. Inspirez, retenez votre souffle pendant 3 secondes, puis expirer (à faire 4 fois). Les enfants sont comme des éponges. Ils vont sentir quand un adulte est stressé ou paniqué. Si vous êtes vous-même dans cet état, les enfants vont le sentir et la discussion que vous aviez prévu de faire et qui devait normalement informer et rassurer les élèves, va au final les stresser.

Donc soyez zen et pour cela, préparez votre esprit, votre mental. Ne cherchez pas à avoir une discussion parfaite et à connaître tout ce que vous devez répondre aux enfants. Si par exemple, un enfant vous demande « Pourquoi tel pays fait la guerre à tel pays ? », ou  « Qu’est-ce qu’il se passe après la mort ? », c’est ok de dire aux enfants « Je ne sais pas ». Personne ne peut savoir exactement pourquoi tel pays est en guerre avec tel pays, ou ce qu’il se passe après la mort. Quoi qu’il arrive pendant la discussion, restez calme, serein et maître de vous, parce que si vous perdez tous vos moyens, c’est sûr et certain que la discussion sera un échec. Alors que si vous avez le contrôle de vos émotions et de votre stress, même si la discussion est imparfaite (et de toute façon elle le sera puisque la perfection n’existe pas), vous aurez quand même réussi à informer les élèves et à les rassurer, et ça, c’est l’essentiel.

 

Pour résumer :

  • Préparer la discussion un minimum à l’avance. Si vous préparez la discussion le matin pour l’après-midi, ça va plus vous stresser qu’autre chose. Préparer la discussion au moins la veille pour le lendemain, voir plus tôt (plus vous aurez de temps, mieux ce sera).
  • Donner l’opportunité à chaque enfant de participer à la discussion, que ce soit pour poser une question ou pour échanger, le tout avec un cadre (chaque enfant attend son tour pour parler et lève la main s’il a une question) pour éviter le bazar dans la classe.
  • Enfin, préparer votre mental avec de la relaxation et/ou de la visualisation. Faites également des exercices de respiration.

Pour allez plus loin :

Le Podcast

3 choses à savoir pour parler de sujets sensibles (violence, guerre, terrorisme) avec ses élèves

par Elodie | The ComMemories Podcast

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