Parler des émotions avec les enfants

par | Jan 10, 2019 | Parents, Professionnels de la petite enfance | 0 commentaires

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Les enfants passent beaucoup de temps à l’école, avec leur enseignant. La relation entre enseignants et élèves est donc très importante. Il s’agit d’une relation de confiance de parents à enseignants, mais également d’enseignant à enfant.

 

Parler ou ne pas parler des émotions ?

Lorsqu’un événement traumatique se produit, comme un attentat, nous faisons face à diverses émotions comme de la peur, de la tristesse, de la panique ou de l’angoisse, et il n’y a pas que les adultes qui ressentent ces émotions. Les enfants aussi les ressentent. Ils sont de vraies petites éponges et vont sentir quand quelque chose de grave est arrivé.

Cependant, il peut être difficile pour certains enseignants de parler des émotions. Certains peuvent se sentir perturber à l’idée de s’ouvrir, de montrer leur vulnérabilité et ne sont pas du tout à l’aise. Mais si l’on veut mieux comprendre ce qu’il se passe à l’intérieur de nous, si l’on veut extérioriser tout ce qu’on ressent, on ne peut le faire qu’en faisant face à toutes ces émotions négatives, et non pas en les ignorants. C’est comme si la cocotte-minute ignorait la vapeur et la pression qui s’accumule à l’intérieur, comme si elles n’existaient pas, pour continuer son train-train quotidien, rester sur le feu et cuire les aliments. Le problème, c’est que si la cocotte continue d’ignorer ce qu’il se passe en elle, elle finira par exploser.

Parler des émotions est donc essentiel afin de mieux les comprendre et de les extérioriser.  Le fait d’en parler en classe avec vos élèves, va vous permettre de travailler sur différentes émotions afin que les enfants puissent mieux les reconnaître et les gérer.

 

Parler sans jugement.

Il faut savoir que les enfants ont une sensibilité qui est beaucoup plus grande que la nôtre. Lorsque des attentats se produisent, ou que vous parlez d’événement historique traumatique (comme la Première Guerre mondiale), vous parlez de plusieurs notions comme la violence, les armes, les blessés, l’horreur et la mort. Tout cela peut déclencher un sentiment de panique chez les enfants et ils peuvent se poser plusieurs questions : même si l’attentat s’est produit à 800 km de chez nous, qu’est-ce qui nous dit que ça ne peut pas arriver ici ? Qu’est-ce qui nous dit que ça ne peut pas arriver à l’école ou à la maison ? Qui nous protège ? Toutes ces questions attendent des réponses. Il va donc être très important, en tant qu’enseignant, de développer des capacités d’écoute active, de non-jugement et d’empathie. Concentrez-vous sur ce que vous disent vos élèves et écoutez-les. On peut très bien entendre quelqu’un parler sans pour autant l’écouter. Ensuite, tout en écoutant vos élèves, rester dans le non-jugement. Nicolas a peur que des terroristes viennent à école et c’est normal qu’il ait peur. Julie, elle, ne s’inquiète pas concernant l’école, mais les magasins. Elle ne veut plus aller faire les courses avec ses parents, car elle pense que c’est dangereux. Ces exemples vous montrent que deux enfants peuvent voir la réalité de façon différente. Nicola a peur pour l’école et ses camarades, Julie a peur pour les magasins, les clients et ses parents. Vous pouvez peut-être penser que la peur que vos élèves ressentent est ridicule. Peut-être que vous pensez qu’il ne se passera rien dans votre petite ville de campagne, et c’est ce que j’espère. Vous n’avez peut-être pas peur, mais les enfants ont peur. Lorsque vous parlez tous ensemble, mettez-vous  leur niveau, et évitez de juger leurs paroles et leurs émotions. Même si vous n’êtes pas effrayé, la peur est réelle pour eux , elle existe et elle balaye le sentiment de sécurité.

Si un de vos élèves vient vous voir et vous dis « je ne me sens pas bien, j’ai peur », ne lui dites pas comment il doit se sentir et surtout évitez de lui dire « ce n’est pas grave, on n’en parle pas, ouvrez vos cahiers on commence à travailler ». Parler de ce qui nous fait peur, aussi difficile soit-il, permet de mettre un nom sur ce que l’on ressent et permet d’ouvrir la soupape pour faire partir toute cette négativité.

Je comprends que cela puisse être difficile pour certains de parler des émotions en classe. Pourtant, c’est nécessaire. Si vous avez peur de montrer votre côté vulnérable, sachez que nous sommes tous vulnérables. Mais ce n’est pas parce que nous avons tous une vulnérabilité que nous sommes faibles. Au contraire, le fait de connaître ce qui se trouve au fond de nous va nous permettre de travailler dessus pour les transformer en force.

 

Travailler les émotions pour mieux les gérer.

Qu’est-ce que j’entends par mieux gérer nos émotions ? J’entends par-là, les reconnaître, les accueillir, mais également faire en sorte qu’elle puisse partir. Avec du temps et de la pratique, le but est d’éviter qu’elles ne s’installent. Concrètement, comment travaille-t’ont sur les émotions avec les enfants ? Il faut aussi savoir que vous n’êtes pas obligé de vous asseoir tous ensemble dans le coin lecture, ou que tout le monde reste à sa place pour parler des émotions. Vous pouvez faire ça si vous le souhaitez, ou alors utiliser un autre cadre et un autre type de communication que la parole. Vous pouvez faire des jeux de rôles, un atelier dessin où les enfants sont invité à dessiner ce qui leur fait peur, vous pouvez faire un atelier écriture si les enfants sont en page d’écrire, un atelier théâtre où les enfants mimeront les émotions négatives comme la peur, la tristesse, la colère, la panique. Avec des activités, vous allez pouvoir mettre des mots, des gestes ou des dessins sur les maux, sur toutes les émotions négatives que les enfants, et les adultes peuvent ressentir.

Gardez à l’esprit que chaque enfant est unique. Un élève pourra vous dire qu’il a peur, alors qu’un autre sera triste. Vous ferez face à des émotions différentes et à des degrés d’intensité différents. Travailler sur les émotions va aussi vous permettre de travailler sur la gestion du stress, car oui, les enfants aussi sont stressés. Le but est d’éradiquer le stress, la panique, les angoisses et ramener un sentiment de sécurité physique et émotionnel. Le stress, s’il est produit en trop grande quantité, est néfaste pour notre santé. Lorsque nous sommes stressés, notre cerveau sécrète une hormone, le cortisol, qui libéré en trop quantité, peut endommager les structures cérébrales responsables de l’apprentissage et de la mémorisation.

 

Les professeurs des écoles ne sont pas les seuls à pouvoir parler des émotions avec les enfants. Que vous soyez parent, animateur, éducateur, ATSEM ou garde d’enfants, vous pouvez, vous aussi, parler des émotions avec eux. Le fait d’être dans une posture d’écoute, d’empathie et de non-jugement, va vous permettre de créer une atmosphère de confiance, propice aux discussions et confidences sur les émotions. Éviter les rapports de force. Si un enfant ne souhaite pas parler, ne le forcez pas. Enseignez-leur la tolérance et le respect des émotions de chacun. Soyez un modèle pour eux. C’est très important qu’ils puissent apprendre de vous positivement, et ça implique la gestion des émotions. Enseignez-leur ce qu’ils ne savent pas encore, c’est-à-dire la gestion de leurs émotions et la bienveillance avec eux-mêmes et envers les autres.

 

Pour résumer :

  • Parler des émotions avec les enfants
  • Soyez dans l’écoute active, le non-jugement et l’empathie
  • Proposez des activités d’expression artistique autres que la parole

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