Comment parler de violence, de guerre et des attentats avec ses élèves à l’école primaire ?

par | Mai 9, 2019 | Professionnels de l'enfance | 0 commentaires

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Professeur des écoles. Le plus beau métier du monde pour certains, une véritable vocation pour d’autres, mais qui n’en reste pas moins une profession qui peut parfois devenir difficile, en particulier lorsqu’il s’agit de parler de sujets difficiles avec ses élèves.

– Comment je vais faire pour parler de guerre, de violence, de terrorisme avec mes élèves ?

– Comment trouver les bons mots ?

– Quelle attitude adopter ?

– Comment je vais faire pour qu’ils comprennent, sans qu’ils aient peur ou qu’ils soient traumatisés ?

Telles sont les questions que vous pouvez vous poser, tant cet exercice est difficile et que vous n’y avez pas forcément été formé. Mais rassurez-vous, c’est possible de parler de ce genre de sujet avec vos élèves. Vous allez pouvoir le faire, mais pas n’importe comment.

 

Vous pouvez parler avec vos élèves, même si vous partez de zéro.

Certains profs seraient tentés de dire que parler de ce genre de sujet avec ses élèves requiert des connaissances dans le domaine de la psychologie. Et là je vous arrête tout de suite. Lorsque nous voyons une personne dans la rue qui est blessée, est-ce qu’il faut avoir fait 10 ans d’études de médecine pour aller vers elle, lui prodiguer les premiers soins et appeler les secours ? La réponse est non. Il en est de même avec l’esprit. Vous pouvez tout à fait parler de sujets sensibles avec vos élèves sans avoir de connaissances préalables en psychologie. Bien sûr, vous n’êtes pas un psychologue, vous êtes un professeur. Une personne qui va en aider une autre blessée n’est pas un médecin, mais un secouriste. C’est ainsi que vous devez vous voir, comme un secouriste de l’esprit.

Il y a certes des choses à apprendre pour prodiguer les premiers secours physiques, et c’est pour cela qu’il existe des formations en premiers secours, dispensés par les pompiers ou la Croix-Rouge. Ce ne sont pas des gestes anodins, surtout quand on fait un massage cardiaque, c’est pour ça que des personnes vous forme pour devenir secouriste. Même si vous n’êtes pas médecin, vous serez capable de sauver des vies, en stoppant une hémorragie par exemple, ou en effectuant un massage cardiaque. Pour l’esprit, c’est exactement la même chose. Il va falloir vous former pour éviter l’apparition de troubles ou leur aggravation s’ils sont déjà là. Nous avons tendance à penser uniquement à l’aspect physique lorsque nous sommes blessés. Mais il faut savoir que l’aspect mental, l’aspect psychique, doit également être pris en compte.

La base pour parler de sujets sensibles avec les enfants.

Maintenant que vous savez que nous pouvons tous apprendre à devenir un secouriste de l’esprit, y compris vous, il va falloir que vous suiviez quelques règles de base. La première chose à faire est de bien préparer ses cours, ainsi que la conversation que vous allez avoir avec vos élèves, en particulier les notions sensibles que vous allez aborder. C’est comme si vous vouliez faire un dessert spécifique pour un dîner important, mais que vous ne prenez pas le temps de lire la recette, que vous ne preniez pas le temps d’acheter tous les ingrédients, et de suivre la recette étape par étape. Si vous faites ça, vous êtes sûr de rater votre gâteau. Imaginer une personne qui souhaite effectuer un massage cardiaque, mais qui ne prend pas le temps de se former. La première chose à faire est donc de prendre le temps de bien se préparer.

La deuxième chose c’est qu’il va falloir parler avec vos élèves en utilisant un vocabulaire adapté à leur âge, et ce avant même de les rassurer. Certaines personnes ont tendance à rassurer les enfants tout de suite, sans prendre le temps de parler avec eux et de vraiment comprendre ce qui les rend tristes ou ce qui leur fait peur. Mais comment voulez-vous rassurer un enfant correctement si vous ne savez pas au préalable ce qu’il ressent et ce qu’il ne va pas ? C’est comme si vous alliez voir votre médecin pour traiter une gastro, mais que dès que vous arrivez il ne prend pas le temps de parler avec vous, de vous examiner et vous donne directement un traitement contre la grippe, alors que vous avez la gastro. Ce traitement contre la grippe ne fera rien.

Et enfin troisième point, soyez patient est disponible pour les enfants s’ils ont besoin de parler ou d’être rassurés. Si vous ne faites preuve d’aucune patience avec les enfants, si vous êtes indisponible pour leur parler et les rassurer, vous partez d’un très mauvais pas. C’est comme si une personne qui s’était fait opérer et qui devait faire retirer ses points se rendait chez son médecin, mais que ce dernier était très impatient et ne prenait pas le temps nécessaire pour retirer tous les points. Il y a de forte chance pour le patient sorte du rendez-vous en étant pas du tout rassuré et très mécontent.

Il est très important de faire preuve de patience avec les enfants, de leur parler et de les rassurer s’ils en ressentent le besoin.

 

Parler pour évacuer le trop-plein d’émotions négatives.

Lorsque vous allez parler de sujets difficiles avec vos élèves, ça ne va pas uniquement être une conversation juste pour expliquer ce qui s’est passé. Le but de ces conversations est aussi de parler de ce que nous ressentons, de ce que les enfants ressentent, mais de ce que vous aussi ressentez. Il faut garder à l’esprit que ce sont des notions difficiles à aborder. Ce sont des sujets lourds, qui peuvent amener tout un flow d’émotions négatives, qui va différer d’un enfant à un autre. Un enfant peut avoir envie de pleurer, un autre peut avoir peur, un autre sera anxieux, et tout cela est normal. Les enfants sont tous uniques. Ils ont tous leur personnalité et leur façon de voir le monde. Le fait de parler va permettre d’évacuer ce trop-plein d’émotions négatives. Quand nous parlons, nous ne faisons pas uniquement un geste mécanique en ouvrant la mâchoire, en bougeant la langue et en faisant travailler les cordes vocales. Parler va bien au-delà de cet aspect mécanique. Parler peut nous aider à faire partir ce qui nous pèse. Certains enfants seront plus à l’aise à l’oral, d’autres à l’écrit, au dessin, à la peinture, etc. La parole n’est pas le seul moyen de communication. À vous d’aider vos élèves à trouver celui qui leur correspond le mieux.

 

Pour résumer :

  • Vous pouvez parler de violence, de guerre et de terrorisme avec vos élèves en vous préparant et vous formant correctement.
  • Parlez-leur en utilisant un vocabulaire adapté. Soyez patient et disponible.
  • Sachez accueillir la parole de vos élèves dans la bienveillance, afin de faire partir le trop-plein d’émotions négatives.

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Comment parler de violence, de guerre et de terrorisme avec ses élèves à l'école primaire ?

by Elodie | The ComMemories Podcast

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