Parler des attentats aux enfants : une bonne idée ?

par | Sep 15, 2017 | Parents | 0 commentaires

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Même s’ils sont petits, les enfants comprennent lorsque quelque chose de grave est en train de se passer. Après les attentats qui ont touché la France en 2015 et 2016, beaucoup de parents se sont posé la question : est-ce une bonne idée de parler d’attentats terroristes aux enfants ? Nous avons tendance à voir les enfants comme des êtres vivant dans leurs bulles, n’ayant pas conscience de ce qui se passe à l’extérieur. Les enfants peuvent donner l’image qu’ils ne comprennent rien alors qu’en fait ils ont conscience de tout.

 

La communication est la clé.

Sous leurs airs sage, innocent et fragile se cache une capacité de comprendre les évènements qui se passe autour d’eux. Les enfants ressentent les émotions qui les accompagnent, voire même la tension et le stress. Ils commencent à se poser des questions et à chercher des réponses. C’est pour ces raisons qu’il faut leur parler le plus tôt possible. Plus vous retarderez la discussion, plus l’incompréhension augmentera et plus l’enfant sera stressé. Mais attention ! il y a un critère très important à prendre en compte avant même de commencer à penser à parler avec votre enfant : son âge.

Avant l’âge de 5 ans, les enfants ne peuvent pas comprendre l’idée de perte et de deuil. Ils ne comprennent pas la notion de mort, car ils sont encore trop petits. De 5 à 8 ans, les enfants peuvent comprendre cette notion. Ils savent ce que ce terme signifie et ses conséquences. Il faut donc être attentif à leur ressenti par rapport à ça. Il faut aussi avoir une attention particulière aux mots que l’on emploie pour parler de ce sujet. Il faut utiliser des mots qui n’impliqueront pas de traumatisme. Pour les enfants de moins de 5 ans, parler avec des mots et des phrases simples. Au-delà de 8 ans, vous pouvez utiliser un vocabulaire plus large, car l’enfant à une plus grande compréhension du monde dans lequel il vit et des évènements qui s’y produisent. Le tout est de s’adapter à l’âge des enfants, mais aussi à leur langage pour comprendre ce qu’ils ressentent.

 

Mettre des mots sur les émotions.  

Les enfants sont comme des éponges. Ils absorbent les émotions et y sont très réceptifs. Ils peuvent avoir peur de ce qu’ils entendent à la télévision, sur internet ou à l’école. Vous-même pouvez être effrayé, voire terrifié face aux évènements qui se produisent. Cependant les enfants vont ressentir vos émotions. Votre propre inquiétude peut les stresser. En tant que parent vous êtes un modèle et une protection. S’ils s’aperçoivent que ce modèle doute, stresse et à peur, cela va les alerter sur les évènements extérieurs. Gardez à l’esprit que si vous êtes stressé ou angoissé, votre enfant le ressentira.

Même si vous vous sentez oppressé par les évènements, assurez-vous d’être détendu avant de commencer la discussion avec votre enfant. Il est difficile d’essayer de rassurer quelqu’un lorsque l’on se sent angoissé. Imaginer donc avec un enfant. Il faut que vous soyez en mode « no stress », car c’est en étant calme que vous allez pouvoir répondre à ses questions et surtout le rassurer. Prenez votre temps, laissez lui poser les questions et surtout écoutez-le. Parler avec votre enfant lui permettra de mettre des mots sur ce qu’il comprend et sur ses sentiments. Ce n’est qu’en sachant ce que votre enfant ressent que vous pourrez trouver les réponses et les mots adéquats pour le rassurer.

 

Parler pour remplacer la peur par l’espoir.

Les enfants ont tous des peurs en eux qui sont tout à fait normales et qui font partie intégrante de leurs développements. Les attentats de 2015 et 2016 ont profondément choqué la population, y compris les enfants, renforçant chez certains des peurs déjà existantes. Les habitudes anodines du quotidien peuvent devenir angoissantes pour eux comme aller jouer dehors ou allez à un festival. Les enfants ont conscience du danger qui existe. Il est normal qu’après de tels évènements un enfant ne se sente plus en sécurité lorsqu’il se trouve dans un espace public. En tant que parent, votre rôle est de les protéger physiquement et psychologiquement.

Il n’y a aucune honte à se sentir bouleversé, voire stressé par ce qu’il se passe. Mais il ne faut pas que votre stress devienne contagieux. Il est tout à fait normal de ressentir de la peur, de la tristesse et de l’angoisse. Lors de la discussion, vous pouvez partager ce que vous ressentez avec votre enfant. Mais veiller à ce que cela ne l’atteigne pas. C’est une discussion, pas un débat dans lequel il faut convaincre l’autre. C’est un échange. Souvenez-vous que vous êtes son modèle de protection. En tant que parent, vous devez lui dire que votre rôle est de le protéger. Cela veut dire parler avec lui de ce qu’il ressent et de ses peurs. C’est aussi le rassurer avec des mots, comme par exemple « tu es en sécurité », « je suis là pour te protéger », et des gestes, comme des câlins. Il faut leur transmettre un sentiment de sécurité, d’optimisme et d’espoir.

 

Cela peut paraître un défi pour certains parents de parler d’évènements graves à leurs enfants, en particulier si vous ne l’avez jamais fait. Mais il n’y a aucune raison d’avoir peur. Souvenez-vous que la communication est un outil formidable qui nous permet de résoudre les problèmes et de mettre des mots sur les sentiments et les émotions.

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Parler des attentats aux enfants : une bonne idée ?

par Elodie | The ComMemories Podcast

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