Le tatouage : plus qu’un art, une thérapie

par | Août 22, 2019 | Art | 0 commentaires

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Qu’il s’agisse d’une cicatrice, d’une lésion, ou d’une blessure psychique, le tatouage est non seulement un moyen de recouvrir cette blessure, d’en faire quelque chose de plus beau, mais aussi un moyen d’avancer et de se reconstruire.

 

Embellir un corps meurtri.

Le dermatologue Nicolas Kluger, spécialisé dans le tatouage, explique que les patients peuvent se faire tatouer sur plusieurs types de lésions comme des brûlures, des vergetures, ou des cicatrices après un cancer. Mais attention, il faut attendre la fin d’un traitement pour se faire tatouer et il faut également attendre que les lésions soient complètement cicatrisées. Dans le cas d’une radiothérapie, il est conseillé d’attendre au moins un an. Mais pourquoi se faire tatouer précisément dans ces cas-là ? Selon Nicolas Kluger, il y a plusieurs bénéfices : « c’est une manière de reprendre le contrôle sur la maladie, de renforcer l’égo d’un corps qui a été mutilé par une nécessaire chirurgie, d’améliorer leur image corporelle, mais aussi de clore un épisode douloureux tout en sensibilisant leur entourage ». En plus du tatouage de camouflage, notamment l’aréole mammaire qui existe depuis plusieurs années, les autres tatouages dits décoratifs se développent de plus en plus.

N’y a-t-il pas de danger de se faire tatouer après une longue maladie ? Selon Nicola Kluger non. Malgré des traces de nanoparticules dans les encres, il n’existe pas selon lui de lien entre une maladie de type cancer et les tatouages. S’il y a une récidive, ces nanoparticules ne bloqueront pas l’effet des rayons d’une radiothérapie. Le dermatologue va même plus loin en disant que le tatouage à un véritable effet thérapeutique sur les patients. Comme si nous faire tatouer nous permettait de guérir complètement et de tourner la page. Mais qu’en est-il de ceux qui souffrent psychiquement et qui n’ont aucune cicatrice visible ?

 

Se faire tatouer pour se souvenir et se reconstruire.

En 2017, Joël Saget à photographié les tatouages que ce sont fait plusieurs victimes des attentats de Paris du 13 novembre 2015. Une façon pour eux de se souvenir et d’avancer.

« Quand on a été blessé que psychologiquement, on a l’impression de ne pas être une victime parce qu’on ne porte pas sur nous les traces de notre présence ce soir-là. C’est ma cicatrice », explique une des victimes qui se trouvait près du restaurant le petit Cambodge. Sentiment que partage une autre victime du Bataclan et qui s’est fait tatouer : « Je n’avais pas de blessure, il fallait quelque chose ». Pour David le Breton, sociologue du tatouage, il s’agit d’une manière de faire peau neuve, comme une métamorphose. Le tatouage permet de « se réapproprier la tragédie, de rester fidèle aux personnes disparues, à l’émotion du moment, d’avoir traversé la mort en restant indemne ». Il continue en disant que le tatouage est une manière de marquer une cicatrice intérieure. Ce projet a vu le jour grâce à Maureen, qui a fondé l’association Life For Paris, ainsi qu’un projet de livre photo sur le thème du tatouage. Elle-même s’est fait tatouer à la suite des attentats.

Plus que des dessins, les tatouages ont donc un réel effet thérapeutique et ils peuvent également aider les victimes dans leurs quotidiens, à se relever et se reconstruire. C’est le cas de Louise, qui a décidé de se faire tatouer « un ange rouillé, une fille décharnée avec une aile dans le dos. Elle essaye de se relever sur les gravats de la vie ». Avec ce tatouage, Louise « se sent vachement plus forte avec. C’est moi cette fille ». Le tatouage est aussi une manière de porter le deuil et de se souvenir de ceux qui sont partis trop tôt. C’est le cas de Florence dont la fille a été tuée au Bataclan et qui a décidé de se faire tatouer.

 

Ignorez les remarques sur vos tatouages et aimez-vous.

Certaines personnes ne comprennent pas vraiment pourquoi d’autres se font tatouer. Personnellement, on m’a posé plusieurs fois la question : « mais pourquoi tu fais ça ? »

Mes tatouages ont tous une histoire. Mais il y en a un en particulier que j’ai fait, qui m’aide au quotidien. Il s’agit d’une fleur de cerisier. J’ai décidé de faire ce tatouage suite à l’attentat du London Bridge à Londres. Si vous avez lu les articles du blog, vous savez que j’étais censé être sur place et que j’ai (heureusement) changé d’avis. Malheureusement, j’ai quand même développé un trouble de stress post-traumatique. Pour moi, c’était une étape indispensable de me faire tatouer. Parce que même si je ne suis pas une victime, même si je n’étais pas sur place, c’était important pour moi de me souvenir. Non seulement pour marquer sur ma peau la souffrance que j’ai ressentie, mais aussi la chance que j’ai d’être en vie. Parce qu’au final, tout s’est joué sur une simple décision. On ne s’en rend pas forcément compte, mais nos décisions peuvent affecter nos vies de façon significative. On ne le remarque pas sur le moment, mais plus tard. Ça a été mon cas. Ce n’est absolument pas un tatouage triste, au contraire. C’est un tatouage que j’ai fait pour me donner de l’espoir et la force nécessaire pour avancer. Malheureusement, il y a des personnes qui se permettent de poser des questions et de juger un simple dessin. Mais parfois, derrière un simple dessin se cachent des significations très profondes, voire même difficiles. Le plus important, c’est que vous aimiez votre tatouage et si certaines personnes se permettent de vous faire des remarques négatives, ignorez-les.

À toutes les personnes qui jugent celles tatouées : ne jugez jamais quelqu’un qui a des tatouages. Nous avons tous des façons différentes d’avancer dans la vie, de tourner la page et de continuer malgré tout ce qui nous est arrivé. Certaines personnes vont se mettre au sport, d’autres vont faire une thérapie, et d’autres choisissent de se faire tatouer. Nous avons chacun notre façon de nous reconstruire et personne n’a à nous juger pour ça. Si vous êtes tatoué, je pense que vous comprenez ce que je veux dire. Ignorez ce que les autres disent ou pensent de vous. Le plus important c’est d’être bien dans votre peau, même si elle est tatouée.

 

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Le tatouage : plus qu’un art, une thérapie

by Elodie | The ComMemories Podcast

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