La résilience

par | Jan 31, 2019 | Résilience | 0 commentaires

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Cette semaine, je vous propose un article sur la résilience. J’en parle dans mon livre (qui arrive très bientôt), mais j’avais quand même envie d’en faire un article parce que c’est un sujet passionnant et rempli d’espoir.

 

Qu’est-ce que la résilience ?

Selon Boris Cyrulnik, la résilience est « l’aptitude d’un corps à résister aux pressions et à reprendre sa structure initiale. Ce terme est souvent employé par les sous-mariniers de Toulon, car il vient de la physique. En psychologie, la résilience est la capacité à vivre, à réussir, à se développer en dépit de l’adversité ». La résilience est une force, que nous construisons au fur et à mesure des évènements tragiques que nous traversons dans notre vie.

 

Qu’est-ce qu’une personne résiliente ?

Caroline Codsi définit une personne résiliente comme étant quelqu’un qui fait face à ce qu’il se passe, qui n’ignore pas les événements. C’est une personne qui rebondit face à ce qu’elle a vécu. Parce que même si c’est quelque chose de tragique, cette personne aura appris de cet événement et sera donc encore plus forte qu’elle ne l’était avant. Il faut aussi savoir que nous ne naissons pas en étant résilients. C’est quelque chose que nous développons, au fur et à mesure des événements que l’on traverse.

 

 

Construire la résilience.

Nous avons tous une force en nous, ainsi que des ressources que nous avons construites. Certains n’ont pas conscience de leurs ressources et peuvent même penser qu’ils n’en ont pas du tout. Il peut être difficile pour certaines personnes d’être objective sur leur capacité à faire face aux évènements. Un regard extérieur sera le bienvenu pour nous montrer à quel point nous sommes forts et résilients. Des phrases comme : « Regarde le chemin que tu as parcouru. Tu ne le vois pas, mais moi je le vois et je te le dis », « tu vas y arriver » seront les bienvenue, tout comme la bienveillance.

Pour construire la résilience, il est important d’être entouré de bonnes personnes, qui veulent votre bien. Lorsque nous nous sentons mal et que nous ressentons le besoin de parler, ces personnes vont nous dire des choses sur nous, que nous ne voyons pas et qui vont nous aider. C’est pour cette raison qu’il est indispensable pour les victimes d’être accompagné par un professionnel de santé et par les membres de leurs entourages. Les proches vont être un soutien supplémentaire aux psychologue, psychothérapeute ou psychiatre.

C’est en prenant conscience de nos ressources, nos forces et du chemin que nous avons parcouru, que nous allons nous rendre compte que nous avons la capacité d’avancer en dépit de ce qui nous arrive. Notre perspective change, quelque chose se passe à l’intérieur de nous et nous prenons progressivement conscience de notre résilience, de ce que l’on est capable de faire pour avancer, de ce que l’on peut apporter, donner aux autres pour les aider eux aussi.

 

Poussez vos limites encore plus loin.

Au fur et à mesure que nous avançons dans notre construction, il va être essentiel de sortir de notre zone de confort. Il n’y a qu’en faisant cela que nous grandissons et repoussons nos limites. Une personne qui reste chez elle toute sa vie, dans sa zone de confort, n’apprendra rien du monde. Dans mon livre « premiers secours psychologiques pour les victimes d’actes terroristes », je prends souvent l’exemple d’une victime qui ne peut plus aller faire ses courses. Pour la majorité des gens, aller faire ses courses est une action quotidienne. Nous sortons du travail, allons faire nos courses puis rentrons chez nous. Pour des personnes traumatisées, le fait d’aller faire des courses devient un parcours du combattant. Il va falloir réapprendre toutes ces actions du quotidien que l’on faisant avant. Cela prend du temps, et chacun avance à son rythme dans sa reconstruction. Ce qui est important, c’est de ne pas se conforter dans sa zone de confort, et je parle en connaissance de cause.

J’ai passé plusieurs mois enfermés chez moi, à aller faire mes courses entre midi et deux parce que j’étais sûre qu’il y aurait peu de monde dans le magasin et que ce serait tranquille. Ça m’a pris quasiment un an, avant que je me sente mieux et que je puisse retourner dans les magasins au moment où il y a beaucoup de monde. Mais, pendant ma période de reconstruction, j’ai décidé un jour d’aller faire mes courses à un moment de la journée où le magasin serait chargé de monde. Pourquoi ? Parce que je me suis dit que le seul moyen de savoir si j’étais capable de le faire, c’était d’essayer. J’ai donc décidé de sortir de ma zone de confort et d’aller faire mes courses au moment où il y avait le plus de monde, et je me suis rendu compte que je n’étais pas encore prête pour ça. Mais quand je suis sorti du magasin, j’étais fier de moi. Je me suis dit : « voilà, j’ai réussi à le faire. Ce n’est pas quelque chose que je ferai tous les jours, c’est encore trop tôt, mais j’ai essayé et rien que pour ça, je suis contente de moi ».

Sortir de votre zone de confort va vous permettre de tester vos limites, et cela renforcera également votre estime de vous, car même si vous vous rendez que vous n‘êtes pas prêt, vous l’aurez fait et vous serez fier de vous. Cela va vous aider à construire une force supplémentaire qui va contribuer à votre résilience. Le fait d’être dans une dynamique de sortie de zone de confort signifie que vous êtes dans une dynamique de reconstruction et  de changement, et c’est quelque chose de très puissant. Pourquoi ? Parce que vous avez conscience que la façon dont vous vivez n’est plus en adéquation avec votre vie d’avant et peut-être même aussi de ce que vous voulez faire dans votre vie. Le fait de vous en rendre compte prouve que vous êtes dans une dynamique de changement. C’est une force extraordinaire, que de voir qu’il faut changer et surtout de vouloir ce changement et de passer à l’action.

 

 

Accepter pour avancer.

Dans la vidéo de Caroline Codsi (que vous trouverez à la fin de cet article et qui est très intéressante), il y a une chose pour laquelle je suis moyennement d’accord. Selon elle, pour sortir d’une situation difficile il ne faut pas se considérer comme une victime. Si l’on prend cette phrase pour l’appliquer, par exemple, dans une équipe ou deux collègues ne s’entendent pas, qu’il y en a un qui accuse l’autre de ne pas faire son travail, d’être désagréable, etc. et que cette personne se considère comme étant une victime, je pense que tant qu’elle se considérera comme une victime, elle ne pourra pas avancer. J’ai moi-même connu plusieurs personnes qui se définissaient comme étant une victime de tout, du système, de la vie, etc. Ces gens-là n’ont pas vécu de tragédie dans leur vie, et pourtant ils se considèrent comme des victimes, et par conséquent, ils n’avancent pas.

En revanche, en ce qui concerne des attentats, des violences conjugales, des agressions, etc. je suis en désaccord avec l’idée de Caroline Codsi. Dans ce genre de situation dramatique, pour pouvoir avancer, il faut d’abord accepter le fait que nous soyons victimes. Comme je l’ai écrit un peu plus tôt, la résilience, ce n’est pas ignorer les faits, ce n’est pas faire comme si rien ne s’était passé. Pour avancer dans notre vie, il faut d’abord reconnaître ce qu’il nous ait arrivé, puis l’accepter pour ensuite pouvoir se reconstruire. Tant que nous n’acceptons pas les choses, y compris le statut de victime, il est difficile d’aller de l’avant. Ce n’est qu’en reconnaissant et acceptant les choses, que nous pouvons construire de nouvelles ressources et fondations pour notre reconstruction.

 

S’il y a quelque chose que j’ai appris, c’est qu’il possible de se reconstruire et de renforcer notre résilience. C’est quelque chose qui prend du temps, qui peut être douloureux, mais en étant entourés de bonnes personnes, nous pouvons y arriver. La résilience n’empêchera pas de nouvelles difficultés ou de nouvelles tragédies, mais elle nous aidera à les surmonter grâce à nos ressources et notre force.

 

Voici la vidéo de Caroline Codsi sur le thème de la résilience :

 

Je vous invite également à lire cet article de psychologie.com

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