Comment faire pour parler de sujets sensibles avec mes élèves alors que je suis débordé ?

par | Mar 14, 2019 | Professionnels de l'enfance | 0 commentaires

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Classes surchargées, peu de temps, peu de moyens, autant de difficultés qui se dressent devant les enseignants. Comment faire malgré tout pour rester bienveillant, vouloir la réussite de nos élèves, leur parler de sujets difficiles et les rassurer face à des difficultés qui ne cessent de croître ? C’est le thème de l’article d’aujourd’hui.

 

Face à la dégradation des conditions de travail des enseignants, tant dans le primaire qu’au collège, il est urgent d’agir et de trouver des solutions. Des élèves de plus en plus nombreux, des moyens humains et matériels insuffisants, autant de difficulté qui mettent à mal le moral et la volonté des enseignants dans l’exercice de leur vocation. Pourtant, il est malgré tout possible de parler de sujets difficiles, et de parler avec ses élèves, avec chaque élève, ne serait-ce que 10 ou 20 minutes. Pour vous le démontrer, je vais vous donner un exemple, un atelier, que vous-même allez pouvoir appliquer si vous vous trouvez dans une classe de 25 voire 30 élèves et que vous êtes débordé.

Je comprends que ce soit difficile de parler de travail de mémoire, de violence, de guerre ou de terrorisme avec ses élèves. Je sais aussi que c’est difficile de trouver le temps et l’énergie, lorsque nous devons enseigner le programme et que chaque minute compte. Pourtant, et je vais insister : c’est très important de prendre quelques minutes pour parler avec vos élèves et pour échanger avec eux. Je vais partir sur un atelier très simple que vous allez pouvoir reprendre, adapter si nécessaire ,et appliquer à votre classe. Imaginons que vous êtes dans une classe de 30 élèves et que vous êtes seul à gérer cette classe. Vous êtes surchargé de travail, vous êtes fatigués, tendus et stressés. Raison de plus de faire un atelier simple que vous ferez sur trois jours. Vous allez diviser votre classe en trois groupes de 10 élèves. Le jour numéro un, vous allez prendre le groupe numéro un, que vous allez encore une fois diviser en deux, ce qui vous donnera deux groupes de cinq élèves. Les autres élèves feront une autre activité, exercice ou leçon que vous aurez préalablement choisi.

 

Vous allez demander à votre premier groupe de cinq élèves de prendre une feuille et d’écrire ou de dessiner sur le sujet sensible que vous aurez choisi d’aborder avec eux. La consigne : les élèves doivent écrire ou dessiner ce qu’ils ressentent par rapport à la guerre, la violence ou au terrorisme. Pendant que ce premier groupe fait cet exercice, vous allez vous trouver à côté avec l’autre groupe de cinq élèves, et vous allez parler avec eux pendant 10 minutes (minimum), et leur poser des questions concernant le sujet sensible en question, par exemple : est-ce que vous savez ce qu’est la guerre ? la violence ? le terrorisme ? Vous les laissez répondre et vous leur expliquez ce que c’est s’ils ne le savent pas. Ensuite, posez-leur des questions sur ce qu’ils ressentent, s’ils sont tristes, s’ils ont peur, etc. Puis, rassurez-les, par exemple en leur disant qu’ils sont en sécurité à l’école, qu’il y a des policiers dehors qui patrouille plusieurs fois par jour dans les rues, que plusieurs personnes partout dans le monde travaillent pour que la guerre ne revienne pas, etc. Pour terminer, vous leur demandez de prendre une feuille et de dessiner ou d’écrire ce qu’ils ressentent en lien avec le sujet dont vous avez parlé. Pendant que ce deuxième groupe de cinq d’élèves dessine, vous allez aller voir l’autre groupe et vous allez faire la même chose. Vous allez parler avec eux, leur poser des questions sur le sujet sensible et les dessins et/ou phrases ou mots qu’ils auront écrits, et les rassurer. Une fois que vous aurez terminé cette activité, d’une durée de 20 minutes minimum, les 10 élèves de ce premier groupe vont retourner donc à leurs places. Le lendemain, vous referez cet atelier avec le deuxième groupe de 10 élèves, et vous le referez le troisième jour avec le troisième et dernier groupe de 10 élèves.

Comme vous avez un grand nombre d’élèves dans votre classe, je comprends que vous ne puissiez pas parler avec chacun d’eux et faire des activités liées à un sujet sensible sur une heure. C’est pour cette raison que le fait de diviser votre classe en plusieurs groupes et de faire un atelier comme celui sur plusieurs jours va vous permettre de parler avec vos élèves en petit groupe, en petit comité. Ce genre d’atelier va vous permettre de vérifier l’état émotionnel de vos élèves (s’ils se portent bien ou pas) et éventuellement d’ouvrir la soupape pour laisser partir la vapeur, la pression (les émotions négatives comme la peur, la tristesse, la panique, etc.) en parlant.

Il s’agit d’un atelier basé sur la bienveillance et l’entraide et qui va renforcer le lien de confiance entre vous et vos élèves. Je vous encourage fortement, à la fin de l’atelier, de dire à vos élèves qu’ils peuvent s’entraider. S’il y en a un parmi eux qui se sent triste ou a peur, ils peuvent parler, se consoler et s’entraider. Si ça ne va toujours pas, à ce moment-là ils viendront vous voir.

 

Vous faites un métier qui vous tient vraiment à cœur, mais vous n’êtes pas une machine. Vous êtes humain, avez vos qualités et vos défauts. Il est normal à la fin d’une journée de travail de se sentir stressé, d’en avoir marre, de mal parler à un élève parce qu’il y a eu beaucoup de bruit et de bazar dans la classe aujourd’hui, parce que vous avez dû faire le gendarme, parce que vous n’avez peut-être pas eu le temps de faire tout ce que vous aviez prévu, etc. Tout cela est normal. Vous êtes enseignant, mais vous êtes avant tout un être humain, qui ressent des émotions et qui parfois se sent mal. Mais souvenez-vous que chaque jour est différent. Ce n’est pas parce qu’hier vous vous sentiez mal et que vous avez mal répondu à vos élèves parce que vous étiez fatigué et stressé que vous devez répéter ce type de comportement tous les jours. Je comprends et je sais que votre métier est difficile. Mais la bienveillance, l’entraide, le fait de parler d’un sujet difficile et le fait de rassurer ses élèves et de leur donner des clés, même petites, pour qu’ils puissent s’entraider, sont indispensables.

L’atelier que je vous ai présenté est très simple à mettre en place. Surtout, ne faites pas quelque chose de compliqué. Faites quelque chose de simple à réaliser et à reproduire. Les plus petites actions peuvent amener de grands résultats. Parfois un simple mot, une simple phrase, un geste ou une petite action, peuvent changer beaucoup de choses, en négatif et en positif. Ici le but c’est d’amener quelque chose de positif pour vos élèves, mais aussi pour vous. Vous pouvez, si vous le souhaitez, modifier cet atelier pour qu’il puisse s’adapter au mieux à votre classe.

 

Pour résumer :

  • Si vous êtes très occupé dans une classe surchargée, faites cet atelier sur plusieurs jours en divisant votre classe en plusieurs groupes.
  • Parler avec vos élèves d’un sujet sensible que vous aurez préalablement choisi. Posez-leur des questions, laissez-les répondre, écouter ce qu’ils vous disent, répondez à leurs questions s’ils en ont et rassurez-les. Proposez-leur de faire un dessin et/ou d’écrire ce qu’ils ressentent.
  • La durée cet atelier est de minimum 20 minutes, pour vous laisser 10 minutes de discussion avec un groupe de 5 élèves.

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Comment faire pour parler de sujets sensibles avec mes élèves alors que je suis débordé ?

by Elodie | The ComMemories Podcast

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