Comment j’ai guéri mes blessures ?

par | Juin 2, 2020 | Premiers secours psychologiques pour les adultes | 0 commentaires

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Aujourd’hui, j’avais envie de vous raconter un petit peu plus de choses sur mon histoire et plus particulièrement sur les épreuves que j’ai traversées dans ma vie. Certains appellent ça des épreuves, d’autres des traumatismes, d’autres des blessures émotionnelles. Au final, peu importe le nom, puisque nous avons tous notre propre vocabulaire pour parler de ce qui nous a blessés. Je vais donc vous parler de deux événements qui m’ont marqué, traumatisé, et je vais vous explique comment j’ai guéri mes blessures émotionnelles, mes traumatismes.

1. Mon histoire.

Le premier traumatisme que j’ai eu a été avec mon père. Mes parents se sont séparés quand j’avais deux ans et j’allais chez mon géniteur un week-end sur deux. Le problème c’est que mon père est quelqu’un de violent, qui a déjà essayé de s’en prendre à ma mère et à moi quand j’étais petite et qui a failli finir en drame familial au journal de 20h. J’allais toujours chez mon géniteur la boule au ventre, car c’est quelqu’un qui se met en colère très facilement pour des broutilles, qui tape sur les murs, qui cri, qui m’insulter et qui peut cogner. Plus le temps passait, plus ses crises de colère montaient en intensité. Je savais qu’un jour ça allait déraper. Et ça a failli. Un samedi soir, mon géniteur était complètement fou, dans un état de colère très intense et j’ai cru à ce soir-là qu’il allait me tuer. J’étais persuadé que j’allais mourir, j’avais 13 ans. Mon géniteur a failli s’en prendre à moi physiquement, mais s’est arrêté. L’un de ces sœurs, alerter par son mari de sa violence, est venu chez lui, de peur qu’il ne fasse quelque chose d’irréparable. Puis ma mère est venu me cherche accompagné de sa sœur et de ma grand-mère. C’est la dernière que j’ai parlé à mon géniteur, c’était il y a 20 ans. Suite à cela on a été au tribunal avec ma mère pour faire retirer le droit d’hébergement à mon géniteur, chose qui a été faite. Par la suite, j’ai dû apprendre à me construire avec le fait d’avoir eu un « père » qui finalement ne m’a jamais aimé et ne voulait pas de moi au départ.

Le deuxième traumatisme est plus récent. Si vous êtes un habitué du blog, vous avez peut-être lu les articles concernant l’attentat du London Bridge et de Borough Market du 3 juin 2017 à Londres. Pour ceux qui ne le savent pas, je vais vous raconter. J’ai déménagé à Londres en avril 2017 pour aller travailler pour une association militaire, pour la Royal British Legion. Le soir du samedi 3 juin 2017, j’avais pris la décision d’aller me promener dans mon quartier et de me rendre sur le London Bridge pour reprendre des photos. Je vivais à côté de mon lieu de travail, 15 minutes à pied de Borough Market. Ce soir il faisait très beau, très bon dehors et je voyais beaucoup de personnes sortir. Il y avait également un match de foot qui passait à ce soir-là à la télévision. Quand j’ai vu tout ce monde sortir, j’ai préféré rester chez moi et sortir plus tard découvrir mon quartier faire des photos, car je n’aime pas me retrouver au milieu d’une foule. Et j’ai bien fait, car l’attaque a eu lieu un peu plus tard dans la soirée. Pour résumer, parce que tout ça j’en ai déjà parlé sur le blog donc je ne vais pas revenir sur des choses que j’ai déjà expliquées dans d’autres articles, c’est que j’étais supposé être dans le quartier de Borough Market/London Bridge, j’ai changé d’avis et je suis resté est resté chez moi. J’ai eu la chance de ne rien voir, par contre j’ai entendu. Ce qui s’est passé c’est que comme tout le monde j’étais très choqué par cette attaque. Ça a été compliqué dans les jours qui ont suivi, car étant donné que je travaillais pour une association militaire et que l’attentat avait eu lieu à quelques mètres de mon lieu de travail, je vous laisse imaginer le stress que mes collègues et moi-même ont mon ressenti.  À ce moment-là, la rue était bloquée, il y avait des barrages policiers, des journalistes, et à ce moment-là on ne savait pas encore si les terroristes avez aussi pour but de viser l’association pour laquelle je travaillais, c’était encore trop flou. J’ai été très stressé pendant tout le mois de juin et ensuite ça s’est calmé. Sauf que huit mois plus tard, à ma grande surprise j’ai développé un trouble de stress post-traumatique. Ce qui veut dire qu’on n’a pas forcément besoin d’être un témoin direct, d’être sur les lieux pour être traumatisé. L’attentat a eu lieu à côté de chez moi et le simple fait d’avoir entendu ce qui s’est passé et de m’être rendu sur mon lieu de travail les jours qui ont suivi, ont suffit pour déclencher un stress post-traumatique plusieurs mois plus tard.

2. La phase où j’ai ignoré ce que je ressentais.

Maintenant que je vous ai raconté les deux traumatismes de ma vie, je vais vous expliquer comment j’ai fait pour les surmonter. Alors déjà, il faut savoir que ça ne s’est pas fait du jour au lendemain. J’ai mis des années à accepter ce qui s’est passé avec mon géniteur. Pour Londres ça a été différent, puisque j’ai développé un trouble de stress post-traumatique, alors que je n’en avais jamais eu de ma vie ,même avec ce qui s’est passé avec mon géniteur. Pour Londres j’ai mis deux ans à m’en remettre, et je m’en suis remise à 99 %. Sauf qu’avant de me remettre de ces deux traumatismes, j’ai fait quelque chose que pas mal de personnes font, c’est ignorer la souffrance. Dans les deux cas, dans les deux traumatismes que j’ai vécus, j’ai « pris un balai », j’ai soulevé un tapis et j’ai balayé toutes les émotions négatives, toute la souffrance, tout ce que je pouvais ressentir qui me faisait du mal. Un peu comme quand on fait le ménage chez nous, qu’on met toute la poussière sous le tapis et que l’on continue de vivre comme si toute cette poussière n’existait pas. Le problème c’est qu’en faisant ça, on pense que ça va régler nos problèmes, alors que premièrement ça ne fait que les cacher et deuxièmement, ça ne fait que retarder le moment où toute cette poussière, toute cette merde, va nous péter en pleine figure. Car la poussière on l’a mise sous le tapis, on ne la voit plus, mais elle est toujours là et elle s’accumule. Et à force de s’accumuler, au bout d’un moment ça explose et ça peut faire très très mal. C’est ce qui m’est arrivé avec mes deux traumatismes, car je n’ai pas fait face à la souffrance que je ressentais dès le début. Je n’ai pas voulu accepter le fait que l’un de mes deux parents ne m’aimait pas et avait été violent avec moi. Quand je suis devenu adulte, j’ai eu droit à une dépression à 22 ans et un burnout à 25 ans, tous les deux lié à mon premier traumatisme. Ce n’est qu’après que je me suis posé et que je me suis dit : « OK elo. Pourquoi tu te mets autant de pression pour réussir ? Pourquoi tu es toujours stressé ? Pourquoi tu te fais tant de mal comme ça ? Ça ne m’a même pas pris cinq minutes pour trouver la réponse, puisque la réponse était tout simplement que mon géniteur m’avez toujours mis la pression et me faisait énormément stressé, je n’avais connu que ça. Ça m’a pris plusieurs années pour désamorcer ça.

Et en ce qui concerne Londres ça a été la même chose. Quand l’attentat s‘est produit, j’ai été  très stressé pendant un mois et à partir du mois de juillet, le stress est retombé. Cette fois-ci je n’ai pas pris de balai, j’ai pris un boomerang représentant mes émotions négatives (stress, peur, angoisse, impuissance, insécurité, violence) et je l’ai lancé très fort et très loin. Le truc c’est qu’un boomerang ça finit toujours par revenir et huit mois plus tard, il m’a bien fracassé la gueule et c’est à ce moment-là que le stress post-traumatique s’est installé. Vous pouvez voir que dans les deux traumatismes que j’ai eus dans ma vie, au départ je n’ai pas voulu ressentir, reconnaître et accepter qu’il y avait des choses très graves qui s’étaient produites. Et c’est une erreur qu’il ne faut surtout pas commettre.

3. Accepter, valider et ressentir notre souffrance pour guérir.

Ce que l’expérience m’a appris, c’est qu’il faut accepter ce qu’il nous est arrivé et ressentir ce qui va avec, dès le départ. Et ça, il y a énormément de personnes qui ne le font pas pour une raison très simple. C’est que si on accepte ce qui nous est arrivé de terrible, ça veut dire qu’il faudra qu’on ressente la souffrance qui va avec. Sauf que l’être humain n’est pas forcément maso et va donc éviter de ressentir des émotions qui le fait souffrir, ce qui est normal. On veut tous ressentir des émotions positives, comme du bonheur, de la joie, de l’amour, mais pas de la tristesse, de la peur ou des angoisses. Mais en évitant de ressentir cette souffrance, on tombe dans l’ignorance et tant que nous n’acceptons pas ce qui nous est arrivé, nous serons incapables de nous rétablir de « nous guérir » et aller de l’avant.

Pour mes deux traumatismes, le point qui a tout changé, c’est le moment où j’ai arrêté ce combat intérieur, où j’ai arrêté de combattre la souffrance et de me voiler la face. Parce qu’il y a un combat intérieur qui se produit en nous quand on traverse des moments difficiles. Il  y a cette souffrance qui ne demande qu’à s’exprimer, circuler. Le problème, c’est que nous ne voulons pas ressentir cette souffrance, donc qu’est-ce qu’on va faire ? Et bien on va lui barrer la route pour éviter qu’elle se propage en nous et nous fasse souffrir. Et ce combat intérieur peut être très épuisant.

Mais il y a un moment donné où j’ai décidé d’arrêter ce combat intérieur, où j’ai décidé de laisser cette souffrance circuler et où j’ai décidé d’accepter ce qui était arrivé. Sur le moment ça fait très mal, car j’ai fait face à ce que l’humain peut faire de pire que ce soit un parent ou des étrangers qui tuent des gens au hasard.

Il m’a fallu plusieurs années pour me remettre de ce qui est arrivé avec mon géniteur, pour Londres pareil, deux ans. Mais il faut savoir que chacun aura son propre rythme de rétablissement.

Pour répondre à la question : « Comment j’ai fait pour surmonter mes traumatismes ? », la réponse elle est toute simple, du moins sur le papier : j’ai fait face. J’ai fait face à la souffrance, je l’ai laissée circuler et j’ai accepté que l’humain puisse parfois faire des choses inhumaines. Tout cela, je ne l’ai pas fait seul, j’ai été suivi par un premier psychologue pour mon géniteur et par une autre pour le stress post-traumatique. Sachez que c’est possible de se remettre d’un traumatisme, d’une épreuve, d’une blessure émotionnels, encore une fois peu importe le nom que vous donnez. Temps que vous n’accepterez pas de faire face à ce que vous avez vécu, tant que vous n’accepterez pas de laisser circuler cette souffrance, vous ne pourrez pas aller de l’avant, car elle vous rattrapera.

Et vous, comment avez-vous pour guérir vos blessures ?

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