6 leçons que j’ai apprises du stress post-traumatique

par | Jan 24, 2019 | Résilience | 0 commentaires

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Il y a quelque temps, j’ai écrit trois articles dans lesquels je vous racontais ma vie avec le stress post-traumatique. Aujourd’hui, je me sens mieux et j’avais envie d’écrire un article dans lequel je vous parle de ce que j’ai appris de ma vie avec le stress post-traumatique. Même si ça reste quelque chose de négatif (que je ne souhaite à personne), j’ai beaucoup appris ces derniers mois et je souhaite vous partager mon expérience.

 

Numéro 1 : demander de l’aide.

C’est une chose très difficile à faire. Ça a l’air simple comme ça, mais c’est beaucoup plus compliqué qu’on ne le pense. Pour moi, demander de l’aide c’était montrer ma vulnérabilité, ma faiblesse, montrer que je n’étais pas capable de m’en sortir toute seule. Pourtant c’est la meilleure chose que j’ai faite. Quand le stress post-traumatique a commencé, et qu’il a atteint son pic, je voyais bien que quelque chose clochait. Pendant plusieurs jours, j’ai cru que je devenais folle. À ce moment-là, je ne savais pas ce que j’avais et c’est assez simple de perdre pied quand nous sommes seuls, loin de nos proches. C’était mon cas. J’étais à Londres, et même si je m’entendais très bien avec mes colocataires, nous n’étions pas assez proches pour que je leur dise que ça n’allait pas. Un soir, j’ai pris mon courage à deux mains et j’ai tout simplement dit à ma mère sur Skype ce qu’il se passait. Je me suis dit : « elle va sûrement me prendre pour une folle, mais tant pis. Au moins, elle saura qu’il se passe quelque chose et que je suis en train de perdre pied ». La première chose que j’ai apprise c’est que demander de l’aide n’a rien à voir avec le fait d’être faible. Je dirais même que c’est tout le contraire. Quand nous nous connaissons bien, nous savons lorsque quelque chose ne va pas, et c’est à ce moment-là qu’il faut se poser les bonnes questions et savoir demander de l’aide, une fois que nous avons épuisé toutes nos ressources et que nous nous trouvons dans une impasse.

 

 

Numéro 2 : apprendre à se connaître encore mieux.

Ça peut paraître un peu bizarre dis comme ça, mais avec le stress post-traumatique, j’ai appris à me connaître encore mieux. J’ai appris à reconnaître les crises d’angoisses, ce qui les déclenchait, et surtout ce qui fonctionne pour les stopper. J’ai appris que lorsque j’ai mal à l’estomac, que je fais des cauchemars, c’est que je dois absolument me détendre, alors qu’avant je ne me m’en rendais pas compte. J’ai également appris à décharger toutes les émotions négatives que je pouvais ressentir. J’ai remarqué au bout d’un moment que tout le stress que j’avais emmagasiné, les douleurs physiques, les flash-back et les hallucinations auditives avaient tendance à me surcharger en énergie. Mais c’était une énergie néfaste et j’ai appris à m’en décharger, tout simplement par le sport. Pratiquer une activité sportive me permet de me défouler et aussi de me sentir bien, ce qui m’amène au point numéro 3.

 

Numéro 3 : apprendre à se relaxer.

Croyez-moi, ce point-là a été très difficile à mettre en pratique. Pendant des mois, je suis resté crispé que ce soit au niveau physique ou mental et j’en suis arrivé à un point où je me forçais à arrêter de travailler pour me relaxer. Mais pendant des mois, ça ne fonctionnait pas. J’ai essayé la méditation. Je lisais beaucoup d’articles qui vantaient les bienfaits de la méditation et je me suis dit que je devais essaye. Sauf que ça n’a pas marché, ou du moins, à très petite dose, insuffisante pour me relaxer complètement et sur la durée. Je ne suis pas du tout le genre de personne qui va s’asseoir en tailleur en plein milieu de la matinée ou de l’après-midi, et qui va respirer profondément pendant 15 minutes. J’ai essayé de le faire, ça n’a pas du tout marché. De plus, je me forçais à méditer, ce qui n’est pas la bonne façon de se relaxer. Quand on force, c’est que quelque part on ne veut pas le faire. Il fallait que je trouve autre chose, une activité détende qui me plaise et qui me fasse plaisir. Le sport m’a beaucoup aidé. Plus tard, j’ai découvert que me relaxer le soir avant de dormir fonctionnait à merveille. Maintenant, quand je vais me coucher je prends toujours 5-10 minutes où je respire (respiration abdominale), et me mets dans une énergie positive et d’apaisement. M’allonger sur mon tapis d’accupression me relaxe encore plus et diminue drastiquement mes douleurs liées aux contractures musculaires, ce qui m’amène au point numéro 4.

 

 

Numéro 4 : écouter son corps.

Pendant des mois, je n’ai pas écouté mon corps. Ce qui m’a le plus surpris avec le stress post-traumatique, c’est l’impact qu’il a eu sur le plan physique. Ma thyroïde est déréglée, j’ai eu de grosses douleurs à l’estomac (tellement insupportable, que je suis allé voir un gastro-entérologue pour une suspicion d’ulcère), des contractures musculaires (à force d’être tendus pendant des mois, les muscles n’arrivaient plus à se détendre), une grande fatigue, et une impossibilité de me concentrer (qui aujourd’hui est heureusement passé). J’en suis arrivé au point qu’à un moment donné, mon corps m’a envoyé un signal, un message, comme quoi il fallait que j’arrête, comme s’il me disait : « arrête, je n’en peux plus ». Au bout de plusieurs mois, mon corps n’était plus tendu, non pas parce que je l’avais décidé, mais parce que je n’avais plus la force physique de le faire, tellement je l’avais fait pendant des mois. Maintenant je sais que je dois écouter mon corps. Je sais que lorsque j’ai mal quelque part c’est qu’il me parle et que je dois l’écouter. Nous n’avons qu’un seul corps, il faut en prendre soin. C’est bien de s’occuper de son mental, c’est même très important. Mais il faut aussi penser à son corps.

 

Numéro 5 : trouver quelque chose qui nous fasse avancer.

Je n’ai pas eu trop de mal pour ça. Ce qui m’a fait avancer durant tous ces mois, c’est la création de ComMemories. Ce projet, ça a été ma façon de me remettre, ma façon d’apprendre ce qu’est le stress post-traumatique, son impact sur le mental et sur le corps. J’ai aussi énormément appris sur d’autres sujets. Je me suis formé à la PNL (programmation neuro-linguistique), aux techniques de coaching, j’ai beaucoup lu sur les traumatismes liés aux attentats, comment en parler avec les enfants et comment construire sa résilience. J’ai aussi écrit des livres pour enfants, et pour adultes, pour les aider. Tout ce que j’ai appris, et que je continue d’apprendre m’aide énormément et j’ai maintenant envie de le partager, de le transmettre à d’autres personnes, pour qu’elles puissent à leur tour aider les autres et transmettre tout ce qu’elles auront appris.

 

 

Numéro 6 : prendre le temps de vivre.

Je pense que ce point est le plus important. Prenez le temps de vivre, prenez du temps pour vous, pour vos proches, pour ce que vous aimez. Quand je vois tous ces gens qui prennent le train ou le métro, qui court parce qu’ils sont en retard de 5 minutes, ces gens qui roulent vite, tout ça pour avoir deux minutes d’avance pour faire les courses, sont des choses que je ne comprends plus. Je ne comprends plus le rush. Aujourd’hui, j’ai ralenti mon rythme et je prends du temps pour moi, pour ce qui est important à mes yeux, pour les gens que j’aime et les choses que j’aime. Parce qu’enfin de compte, nous n’avons qu’une seule vie, et s’il y  a bien quelque chose que j’ai appris avec l’attentat du London Bridge et de Borough Market, c’est que tout peut s’arrêter en une seconde. Je vous invite aussi à ralentir. Nul besoin de vivre comme une tortue, mais au lieu de courir, marcher (sauf pour le footing J). Ce n’est pas grave si vous arrivez en retard de deux ou trois minutes, ce n’est pas grave si vous arrivez au magasin et qu’il a une queue pas possible, ce n’est pas grave si vous arrivez pour traverser la route et que le signal piéton passe au rouge et vous fait attendre. Prenez le temps de vivre et d’apprécier le monde. Le temps est quelque chose de précieux, qui n’est ni échangeable ni remboursable. Prenez du temps et utilisez-le correctement.

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