5 questions sur les premiers secours psychologiques

par | Août 11, 2018 | Premiers Secours Psychologiques | 0 commentaires

emplacement fenêtre

Bienvenue sur ComMemories ! Si vous êtes parents, je vous invite à lire le guide " Les 5 erreurs à éviter pour parler de violence, de guerre ou des attentats avec son enfant " : cliquez ici pour le télécharger gratuitement. 

Si vous travaillez auprès d’enfants (j’ai aussi pensé à vous), rejoignez le mini-cours de 7 vidéos pour rassurer les enfants face à la violence : cliquez ici pour y accéder gratuitement.

Merci de votre lecture, et à très vite sur ComMemories.

Tout le monde connaît les premiers secours. Certes, nous ne sommes pas tous formés pour les prodiguer, mais nous savons tous de quoi il s’agit. Lorsque nous voyons une personne à terre avec du sang, nous lui offrons notre aide pour préserver sa vie si cette dernière est menacée, pour empêcher que d’autres blessures se forment ou s’aggravent. Puis, nous appelons les secours. Ce sont eux qui vont prendre le relai. En plus des premiers secours « physiques », il y a également ce qu’on appelle les premiers secours psychologiques. On ne parle donc plus du corps, mais de l’esprit. Car l’esprit a aussi parfois besoin d’être secouru.

 

 

1. C’est quoi ?

Les premiers secours psychologiques permettent d’aider une personne qui se trouve en souffrance psychologique. Une personne peut se trouver en souffrance physique à cause d’une blessure ou d’une chute, et elle peut se retrouver dans un état de souffrance psychologique à la suite d’un événement traumatisant, à cause d’une maladie physique comme un cancer, ou en raison d’une maladie mentale comme la bipolarité. L’objectif est donc d’aider cette personne et de la guider, si elle le souhaite, vers les services médicaux appropriés.

Pour résumé, les premiers secours psychologiques consistent à secourir une personne sur le plan psychologique, à lui apporter un soutien tout en respectant son espace, son envie de parler ou non, mais pas que. Les premiers secours psychologiques, c’est aussi évaluer la souffrance de la personne, son état, chercher à comprendre sa souffrance, l’écouter, faire preuve d’empathie, la réconforter, l’apaiser en cas de crise d’angoisse et l’accompagner tout le long de sa récupération si vous le pouvez.

Lors d’un événement traumatisant, comme une catastrophe naturelle, une guerre, un attentat ou une agression, certaines personnes peuvent être affectées, voire traumatisées. Cependant, les réactions sont différentes d’une personne à l’autre. Une partie de ces personnes peut se sentir très choquée et se trouver dans un état de sidération (un état de choc), certaines vont ressentir une peur intense et d’autres se trouveront paralysés face à ce qu’elles ont vécu. Ces réactions face sont tout à fait normales.

 

2. À quoi ça sert ?

Il y a plusieurs objectifs avec les premiers secours psychologiques :

  • Premièrement, préserver la vie de la personne, puisqu’il peut arriver que vous parliez avec quelqu’un qui veut se suicider, qui est déterminée dans ce choix et qui a déjà mis en place un plan pour le faire.
  • Deuxièmement, les premiers secours psychologiques vont permettre d’éviter que la souffrance psychologique s’aggrave, comme les blessures physiques en cas de premiers secours « physiques ». Si par exemple, vous parler avec une personne qui travaille énormément ces derniers temps et qui commence à montrer des signes d’un burnout en approche, si vous ne faites rien, si vous ne parlez pas avec cette personne, c’est sûr qu’elle fera un burnout. Mais si vous l’aidez , si vous prenez le temps de parler avec elle, vous allez pouvoir empêcher que le stress qu’elle ressent en ce moment ne se transforme en burnout. Il y a donc une notion de prévention avec les premiers secours psychologique. Vous prévenez l’apparition d’autres blessures psychologique et faites en sorte d’éviter que celles déjà existantes ne s’aggravent.
  • Troisièmement, il est indispensable d’établir une relation de confiance basée sur la neutralité et le non-jugement. Quand une personne va venir vous voir pour parler parce qu’elle se sent mal, qu’elle est stressée ou en dépression, il va falloir que vous instauriez un climat de confiance, de sécurité et de calme. Une relation de confiance se construit. Ça prend du temps, mais il est nécessaire de prendre ce temps. Lorsque vous allez parler avec cette personne, restez dans le non-jugement. Nous sommes tous différents et nous aurons des façons différentes de réagir face à ce que nous vivons. C’est pourquoi il indispensable de rester dans le non-jugement et de faire preuve d’empathie. Vous êtes là pour fournir un confort physique et psychologique à cette personne et tout ce qu’elle vous dit doit rester confidentiel.
  • Et enfin, l’objectif est aussi de promouvoir le processus de récupération. Malgré la difficulté que la personne est en train de vivre, il est toujours possible de s’en sortir.

L’objectif avec les premiers secours psychologiques n’est pas de faire de la population des psychologues ou des psychiatres, mais de sensibiliser sur le bien-être psychologique et le bien-être physique. Il faut savoir que l’esprit et le corps sont liés. Quand l’esprit va mal, le corps va mal et inversement. Je prends l’exemple d’une personne qui souffre d’un stress post-traumatique. Il y a, dans la plupart des cas ,des problèmes de santé qui surviennent à la suite d’un stress post-traumatique. C’est la même chose avec une personne qui a un cancer. Cette maladie est une épreuve pour le corps et au bout d’un moment il se fatigue. Cette fatigue physique peut se faire ressentir sur le niveau psychologique.

Une personne formée aux premiers secours psychologiques est un premier point de contact entre une personne en souffrance et la guérison. Il s’agit d’une première assistance, une première aide. Les personnes ayant été formées aux premiers secours psychologiques apprennent à repérer les signes d’un mal-être psychologique qui s’est installé, ou qui est en train de s’installer, ainsi que les symptômes de différents troubles, et doivent également promouvoir différentes méthodes pour instaurer un bien-être psychologique.

 

3. Concrètement, comment ça se passe ?

Des éléments vont entrer en compte pour des premiers secours psychologiques efficaces. Il y a d’abord les notions de sécurité et de protection. La personne que vous assistez doit ressentir le sentiment qu’en ce moment elle est avec vous, en sécurité, qu’elle est entourée de personnes qui veulent son bien et qui sont là pour la protéger. Ensuite, vous parlez avec elle, si elle le souhaite et enfin vous lui communiquez des informations pour qu’elle puisse bénéficier d’un suivi psychologique, encore une fois si elle le souhaite. Même si les premiers secours psychologiques demandent une grande capacité d’écouter, de patience et d’empathie, il faut toujours respecter la personne et ne pas la forcer à parler si elle ne le souhaite pas.

Les premiers secours psychologiques peuvent être prodigués par n’importe quelle personne formée à ce genre d’assistance. Mais ce sera à un professionnel de santé de prendre le relai. Tout comme pour les premiers secours « physiques », vous assistez et accompagnez la personne jusqu’à ce que des professionnels de santé arrivent pour la prendre en charge.

Il faut toujours respecter la personne et s’adapter à elle. Il se peut que malgré la situation traumatisante qu’elle a vécue, elle ne veuille pas de votre aide pour l’instant et il faut donc respecter son choix. Par contre, dites-lui qu’au moment où elle voudra parler, vous serez disponible pour elle.

 

4. Quand prodiguer les premiers soins psychologiques ?

Vous pouvez effectuer les premiers soins psychologiques juste après un événement traumatisant, mais pas uniquement. Il se peut qu’un certain temps passe avant qu’une personne requiert une première assistance. C’est pour cette raison qu’il faut surveiller ces personnes pendant plusieurs mois, voire années, car le/les traumatisme(s) peut(vent) resurgir des semaines, des mois ou des années après l’événement.

 

5. Une personne en souffrance psychologique est-elle folle ?

Non. Il existe encore des tabous concernant la santé mentale et le bien-être psychologique. Ce n’est pas parce qu’une personne souffre de bipolarité, de troubles obsessionnels compulsifs ou qu’elle est en dépression qu’elle est folle, tarée, dingue ou dérangée. Elle souffre. Il se peut que dans la vie nous ayons à traverser des moments plus difficiles que d’autres et c’est normal au bout d’un moment que notre esprit en ait marre et ne puisse plus supporter ce que nous traversons. Personne n’est à l’abri de l’anxiété, du stress, d’un burnout ou d’une dépression. Les personnes formées aux premiers secours psychologiques doivent également briser les tabous et les discriminations qui persistent encore aujourd’hui, car ils peuvent empêcher certaines personnes de parler lorsqu’elles sont en souffrance. Elles peuvent avoir peur d’être jugées ou avoir honte et préfèrent se taire.

 

 

Pour résumer les premiers secours psychologiques :  

  • Qu’est-ce que c’est ? Une première aide, assistance aux personnes en souffrance psychologique.
  • Pour quoi faire ? Pour préserver la vie de la personne, éviter que la souffrance psychologique s’aggrave, promouvoir le processus de récupération, sensibiliser les personnes sur le bien-être psychologique, mais également le bien-être physique.
  • Pour qui ? Toutes les personnes ayant vécu un événement traumatisant. Tout le monde peut se former aux premiers secours psychologiques. Nul besoin d’avoir des connaissances préalables en psychologie. Tout comme il n’y a besoin d’aucune connaissance en médecine pour pouvoir prodiguer les premiers secours « physiques ».
  • Quand les prodiguer ? Juste après un événement traumatisant ou plus tard, lorsque la personne sentira le besoin de parler et d’être aidé.
  • Où ? Dans un endroit sécurisé, calme et où vous êtes sûr de ne pas être dérangé. Il faut également que ce soit un endroit où vous pouvez assurer la confidentialité de l’échange entre vous et la personne.

Le Podcast

5 questions sur les premiers secours psychologiques

par Elodie | The ComMemories Podcast

12 Partages
Partagez12
Tweetez
Partagez
Enregistrer
+1