Quand une amitié brisée peut faire aussi mal qu’une rupture amoureuse

par | Juin 23, 2020 | Premiers secours psychologiques pour les adultes | 0 commentaires

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C’est un article un petit peu spécial cette semaine, parce que j’avais envie de vous raconter une histoire particulière. C’est une histoire concernant l’une de mes anciennes meilleures amies et qui je pense pourra vous aider si vous vous remettez d’une amitié brisée. J’avais déjà écrit un article sur ce sujet-là il y a quelque temps, mais aujourd’hui j’avais envie de vous partager un petit moment de ma vie qui m’a beaucoup marqué. Le but de cet article n’est pas d’incriminer la personne dont je vais vous parler, ni de la juger, mais simplement de vous parler un peu plus de ma vie et de l’importance des premiers secours psychologiques. Il n’y a pas que les ruptures amoureuses qui peuvent faire du mal, les amitiés brisées aussi.

1. L’histoire.

Je ne vais pas rentrer dans tous les détails de cette histoire parce que sinon cet article sera trop long. Je vais également préserver l’identité de la personne dont je vais vous parler, je vais donc l’appeler P. Cette personne c’était l’une de mes meilleures amies. On a grandi ensemble, on a été à l’école primaire ensemble et au collège ensemble. La personne avec qui j’ai grandi était pleine de vie, riait beaucoup, je lui faisais confiance et on était sur la même longueur d’onde. J’irais même jusqu’à dire que je la considérais un peu comme une sœur. On a passé de très bons moments ensemble, mais également des moments difficiles, on a fait face aux premières amours, aux chagrins d’amour, au deuil, au harcèlement scolaire, car cette personne a été harceler a collège. C’est pour vous dire à quel point on a traversé beaucoup de choses ensemble. Mais j’allais très vite me rendre compte que certes cette personne souffrait, mais qu’elle avait un autre visage dont j’ignorais l’existence. En 2008, nous reprenons contact après s’être perdus au vu pendant les années lycée. Elle était toujours la même, elle riait beaucoup, un air un peu nunuche, mais pleine de vie. J’avais entendu des choses négatives sur elle, comme quoi elle était devenue un peu manipulatrice, que c’était devenu une croqueuse d’hommes, qu’elle sortait avec plusieurs mecs à la fois (sans qu’eux ne sachent qu’elle en voyait d’autre), qu’elle n’avait aucun scrupule à briser des couples, etc.

J’ignorais toutes ces bêtises, car quand j’ai repris contact avec elle, j’étais très heureuse et honnêtement quand je la voyais en face de moi je me disais que c’était impossible qu’elle soit comme ça, à briser des couples. Je me disais que ces personnes étaient jalouses et que c’est pour ça qu’elles disaient ce genre de choses. Sauf que plus le temps passait, plus je me rendais compte que finalement la personne que j’avais en face de moi n’était plus la petite fille, l’adolescente avec qui j’avais grandi. Je me rendais compte que toutes les rumeurs que j’avais entendues sur elle étaient vraies, mais qu’il avait autre chose.

P avait aussi des comportements que j’appellerai autodestructeur, premièrement parce qu’elle avait des relations sexuelles avec plusieurs garçons (elle « sortait » avec plusieurs mecs à la fois, mais eux ne savaient pas qu’elle en voyait d’autres), non protégés, sans pilule, et deuxièmement, car elle se faisait du mal physiquement. Je me souviens d’une fois où elle m’a dit qu’elle saignait beaucoup, car elle avait pris sa plaquette de pilules en entier, « pour voir ce que ça ferait » selon ces propres mots. À ce moment-là, je su qu’un jour elle m’appellerait pour me dire soit qu’elle avait soit attrapé une MST, soit qu’elle était tombée enceinte et qu’elle allait avorter. Chose qui est arrivée. Donc je ne sais pas si elle a attrapé une MST, par contre elle est tombée enceinte et a avorté.

J’ai été très dur avec elle au téléphone et je n’en suis pas fière. Je lui ai dit : « Que ça te serve de leçon ». Je lui ai vidé mon sac en lui disant tout ce que je pensais d’elle, en lui disant que ce qu’elle faisait n’était pas normal, que je comprenais que l’on soit attiré par plusieurs hommes, mais quand devait se protéger et ne pas briser un couple heureux (car elle s’amusait à briser des couples). Je lui ai expliqué qu’elle se mettait en danger ainsi que ses partenaires. À l’époque, je n’étais pas encore formé aux premiers secours psychologiques. Je voulais provoquer un déclic chez elle. Mais P allait mal, au bord de la dépression. Avec mon autre ancienne meilleure amie, nous avons eu peur que P tente de se suicider. Nous l’avons aidé du mieux possible. J’avais dit à P de se faire accompagner par un professionnel de santé, je ne pense pas qu’à cette époque elle l’ait fait.

Dans les mois qui ont suivi, elle a continué ce qu’elle faisait depuis déjà plusieurs années. Je me suis aperçu qu’elle n’avait aucun scrupule à briser des couples. Plus les mois passaient, plus je me rendais compte que P avait un deuxième visage et que ce deuxième visage était manipulateur et calculateur. Jusque-là, P avez des relations avec plusieurs garçons, mais elle ne s’en était jamais pris au compagnons de ses propres amies. Pourtant, c’est ce qui s’est passé. Une de mes anciennes amies, qui s’appelle L, venait tout juste de se séparer de son copain. Deux semaines plus tard, P s’est « mis en couple » avec lui. Nous avons appris par la suite que P avait commencé à draguer ce garçon alors qu’il était toujours en couple avec L. Et c’est à ce moment-là qu’on a découvert le visage pervers de notre amie P et nous avons décidé avec L de couper les ponts avec elle.

2. Les erreurs à éviter pour aider l’un de ses proches.

Vous vous dites sûrement : « En fait tu nous racontes une storytime à la youtubeuse ». Oui et non. Oui, car ça peut paraître un peu futile. Non, car pour moi ça ne l’est pas. La première chose que je tiens à vous dire c’est que quand vous êtes face à l’un de vos proches qui souffrent et se comportent de façon dangereuse, si vraiment vous aimez cette personne, vous allez tout faire pour l’aider. P était en souffrance, mais elle avait aussi un comportement d’autodestruction. Le problème, c’est qu’elle emmenait les autres avec elle, elle se faisait du mal et faisait du mal aux autres. Les erreurs que j’ai commises et que je souhaite partager avec vous, pour que vous puissiez éviter de les commettre, c’est que j’ai été trop dur avec elle. Le soir où je l’ai eu au téléphone, j’étais dans le jugement et la culpabilisation. Ce que j’aurais dû faire c’est d’être plus dans la compréhension, de chercher à comprendre la source de son mal-être, d’être à son écoute, dans l’empathie et de ne surtout pas la juger. Aujourd’hui, je peux vous dire que si jamais ce genre de situation se reproduisait j’aurai une attitude complètement différente.

3. Protégez-vous

Et enfin le dernier point que je voulais aborder avec vous, c’est de penser à vous et de vous protéger. On a fait tout ce qui était en notre pouvoir avec L pour venir en aide à P. On savait qu’elle était en souffrance. Par contre ce qu’on a découvert assez tard, c’est son deuxième visage, cette deuxième personne, manipulatrice, calculatrice, qui n’a aucun scrupule à faire du mal aux autres et également à ses amis les plus proches. S’il y a une seule chose que je veux que vous reteniez de cet article, c’est que ce n’est pas à vous de sauver ceux que vous aimez. Vous pouvez être à leur côté, les écouter, les soutenir, mais ce n’est pas à vous de les guérir ni encore moins de les sauver. Parce que ce qui s’est passé, c’est que P nous a fait beaucoup de mal à L et à moi. Le fait d’avoir mis fin à notre amitié a été quelque chose de nécessaire parce que ce n’était plus possible de continuer comme on le faisait et de toute façon on voyait bien qu’on ne pouvait pas l’aider, que c’était quelque chose qui dépassait largement nos compétences, et ça m’a brisé le cœur. J’ai vécu plusieurs ruptures amoureuses dans ma vie, mais cette rupture d’amitié là m’a brisé le cœur. Parce que là ce n’était pas une amitié d’un ou deux ans, c’était une amitié qui durait déjà depuis plusieurs années.

Si vous êtes dans l’optique de sauver votre ami, votre conjoint, votre frère, votre sœur, votre père ou votre mère, vous prenez le risque de vous perdre, vous prenez le risque que votre énergie soit complètement drainée et vous prenez le risque de vous faire du mal. La seule personne qui peut se sauver, c’est celle qui prend la décision de se sauver elle-même. Si cette personne ne veut pas changer, ne veut pas qu’on l’aide, c’est son choix. Je sais que c’est très dur à accepter quand c’est quelqu’un qu’on aime, qui se fait souffrir. Mais il faut accepter qu’à un moment, on ne puisse plus rien faire pour cette personne. Gardez aussi en tête que la souffrance de ceux que vous aimez ne doit justifier celle qu’ils infligent aux autres.

Donc l’histoire que je viens de vous raconter elle s’est passé 2010. Je n’ai pas parlé à P depuis. Aujourd’hui, elle est en couple, elle a un enfant et apparemment tout à l’air d’aller bien pour elle.

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