Les 5 choses à ne pas faire pour aider les personnes souffrant d’un trouble de stress post-traumatique

par | Fév 14, 2019 | Premiers Secours Psychologiques | 0 commentaires

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Lorsqu’un ami ou un membre de notre famille se sent mal, nous n’avons qu’une seule envie : l’aider. Mais parfois, nous sommes maladroits, nous ne savons pas quoi dire, où nous voulons tellement aider que nous allons parler, voire trop parler et dire des choses qui, au final, vont faire plus de mal que de bien. Pourtant, vous pouvez les aider, en particulier si vos proches sont des victimes de terrorisme et qu’ils souffrent d’un stress post-traumatique. Dans cet article, je vais vous présenter les 5 choses à ne surtout pas faire si vous souhaitez les aider.

1. Minimiser leur souffrance.

La première chose à ne pas faire, c’est de minimiser leurs souffrances. Il faut savoir que lorsqu’une personne a été victime d’un attentat, sa vie peut être complètement chamboulée. Cela va dépendre de la perception qu’elle aura eue de l’événement. Certaines personnes vont percevoir un attentat comme un événement traumatisant et pourront développer des troubles (troubles de l’anxiété, trouble de stress post-traumatique, une dépression, etc.), alors que pour d’autres, l’attentat ne sera pas perçu comme étant traumatisant et elles ne développeront aucun trouble. Nous sommes tous différents. Nous avons tous une perception différente de notre environnement, et parce que nous sommes différents, nous régirons de façon différente face aux événements. Si vous êtes face une victime qui a développé un trouble de stress post-traumatique à la suite d’un attentat, il y a de fortes chances pour que cette personne ait vu son quotidien complètement chamboulé. Peut-être qu’elle a peur maintenant d’aller faire ses courses et qu’elle n’y va plus, peut-être qu’elle ne prend plus les transports en commun, peut-être qu’elle ne va plus dans des lieux où il y a beaucoup de monde, etc. Si cette personne vous dit qu’aller faire des courses c’est dangereux, que prendre les transports en commun c’est risqué, si elle vous dit qu’elle fait des cauchemars, qu’elle se sente triste et que vous lui répondez : « Ne t’inquiète pas, ce n’est rien, ça va passer. On passe tous par là un moment donné dans notre vie », ça ne va pas l’aider. Quand on souffre comme ces personnes souffrent, la dernière chose qu’on veut entendre c’est ça. Si vous commencez à minimiser leur souffrance et à leur dire : « ça fait six mois maintenant, il faut aller de l’avant » ou « tu étais censé y être, mais tu n’y es pas allé ,tu devrais être content et soulagé parce que tu es en vie », même si ce sont des phrases qui partent d’un bon sentiment, elles ne vont pas aider les victimes. Pire, elles peuvent accentuer leur souffrance, voir même les faire culpabiliser.

 

2. Trop parler.

La deuxième chose à éviter, c’est de trop parler. Bien entendu, la communication est très importante. J’en parle d’ailleurs dans mon livre « Premiers Secours Psychologiques Pour Les Victimes D’actes Terroristes, Devenez Un Secouriste De L’esprit », qui paraîtra prochainement. C’est un livre dans lequel j’ai mis même en place une structure pour guider l’entourage des victimes, à leur parler. Donc communiquer, que ce soit avec le langage verbal ou non verbal, c’est quelque chose d’indispensable. Mais attention : trop parler c’est comme pas assez parler. Ne pas assez communiquer avec une victime a de nombreux points négatifs, parce que vous n’allez pas pouvoir lui poser des questions, vous n’allez pas pouvoir échanger avec elle sur comment elle se sent, ce qu’elle a fait de sa journée, si elle a eu des crises d’angoisses, si elle a besoin de parler ou d’être réconfortée, etc. Trop parler a également des points négatifs. Imaginez que quelqu’un vous appelle plusieurs fois par jour pour vous demander comment vous vous sentez, si vous avez eu des crises de panique, si vous avez des besoins particuliers, etc. Trop parler, au bout d’un moment c’est trop. Il va donc falloir trouver le juste milieu. Communiquer avec la victime, ce n’est pas forcément lui parler une seule fois par semaine ou lui parler plusieurs fois par jour et lui parler des mêmes choses et lui poser les mêmes questions tout le temps. Vous pouvez très bien appeler une fois tous les deux jours, ou une fois tous les jours, c’est vous qui voyez avec la victime. Le plus important est de trouver le juste équilibre.

 

3. Penser que vous pouvez remplacer un psychologue ou un psychiatre.

Si vous partez du principe que la victime n’a pas besoin d’aller consulter un médecin, un psychologue ou un psychiatre, parce que vous allez pouvoir l’aider et la guérir, vous avez tout faux. Vous n’êtes pas un professionnel de santé. Mais ce n’est pas parce que vous n’êtes pas psychologue ou psychiatre que vous n’allez pas pouvoir aider la victime. Vous allez pouvoir être un appui supplémentaire au corps médical, mais en aucun cas vous n’allez remplacer les professionnels de santé. Vous allez pouvoir être un guide pour les victimes et être une personne qui sera à leur côté pour parler si elles en ressentent le besoin ou pour les calmer si elles ont des crises de panique. Vous pouvez les aider dans leur reconstruction, mais vous ne pouvez pas les guérir, c’est le rôle des professionnels de santé. Il faut donc connaître les limites de votre rôle d’accompagnant. Vous accompagnez, mais vous ne guérissez pas. Imaginons qu’un de vos proches se soit cassé une jambe. Vous n’allez pas l’opérer alors que vous n’êtes pas chirurgien. Par contre, vous allez pouvoir l’aider dans son quotidien. Vous allez pouvoir l’aider à se lever et à marcher, à faire ses courses, à se laver, la guider dans les mouvements qu’elle doit faire quotidiennement pour que sa jambe guérisse plus rapidement, etc. Mais en aucun cas, vous n’allez la guérir. Vous n’êtes pas chirurgien, vous ne savez pas comment opérer une jambe, vous ne savez pas comment guérir des os brisés. Votre rôle s’arrête à l’accompagnement. Pour les premiers secours psychologiques, c’est la même chose.

4. Ne pas demander si la victime a des pensées suicidaires.

Lorsque l’on vit avec le stress post-traumatique, on peut avoir l’impression de devenir fou. Personnellement, c’est ce qu’il m’est arrivé quand le stress post-traumatique a atteint son pic. J’ai eu la chance d’être très bien entouré (de personnes bienveillantes) et d’avoir réussi à reprendre une bonne gestion sur le stress post-traumatique. Si nous sommes mal entourés ou si le stress post-traumatique prend le dessus sur nous, il peut arriver que des idées suicidaires surviennent. Je sais que c’est un sujet très délicat et très difficile à aborder, mais il est nécessaire d’en parler, et il est nécessaire de poser la question suivante si vous avez des doutes concernant les intentions d’une victime : « est-ce que tu as des pensées suicidaires ? » ou « Est-ce que tu penses à te suicider ? ». C’est une question très difficile à poser. Pourtant, elle peut sauver des vies. Le fait de poser cette question va vous permettre de savoir si la personne a des idées suicidaires et si oui, si elle a un plan pour passer à l’acte ou pas. En parlant de suicide avec une victime, vous allez pouvoir parler de ce qu’elle ressent, de sa souffrance, du pourquoi elle veut se suicider, de qu’est-ce qu’il a amené aujourd’hui a vouloir à se suicider. Vous allez même pouvoir désamorcer les idées suicidaires, peut-être pas sur le long terme, mais au moins sur un court terme, ce qui vous laissera du temps pour chercher de l’aide extérieure. Il va être très important aussi, de rester avec la victime et de l’orienter vers des structures ou des services qui pourront l’aider. Parler de suicide, c’est quelque chose de difficile et qui peut faire peur. Pourtant, c’est indispensable, parce qu’il n’y a qu’en en parlant qu’on peut savoir si une personne a des idées suicidaires et surtout l’en empêcher.

5. Ne pas vous préparer.

Le dernier point que je tiens à aborder est la non-préparation. Quand vous sortez avec vos amis boire un café, que vous parlez de votre vie, de votre travail, etc. on est d’accord que vous n’avez pas besoin de préparation pour ça, puisque vous parlez de choses quotidiennes qui, normalement, ne heurteront pas votre sensibilité. Quand il s’agit de parler avec une victime qui a développé un stress post-traumatique, c’est différent. Les conversations de premiers secours psychologiques ce ne sont pas des conversations de tous les jours. Ce sont des conversations où vous allez parler de choses qui peuvent heurter votre sensibilité. La victime peut vous raconter l’attentat qu’elle a vécu, ce qu’elle a vu, ce qu’elle a entendu, ce qu’elle a ressenti. Là, vous ne parlez plus de votre quotidien, mais de violence, de mort, d’horreur. Si vous pensez que vous allez pouvoir avoir une conversation comme ça avec quelqu’un sans vous préparer, vous vous trompez (sauf si vous travaillez dans le domaine de la psychologie ou de la psychiatrie). Il est indispensable de vous préparer à ce type de conversation. Pour bien vous préparer, prenez du temps pour vous. Relaxez-vous avant, faites des exercices de relaxation ou de visualisation. Le but c’est de vous préparer à entendre des choses difficiles. C’est comme un athlète qui se prépare pour une compétition. S’il pense qu’il peut participer à la compétition et la gagner sans s’être préparé, il a peu de chances d’y arriver. Par contre, s’il prend le temps de se préparer, de s’entrainer tous les jours, d’avoir une alimentation équilibrée, une bonne hygiène de vie, il aura plus de chance de remporter la compétition, parce qu’il se sera préparé correctement. Avec les premiers secours psychologiques, c’est exactement la même chose, il faut vous préparer.

 

Pour résumer :

Si vous souhaitez aider des personnes souffrant d’un stress post-traumatique, éviter de :

  • Minimiser leur souffrance
  • Trop parler
  • Vous prendre pour un professionnel de santé qui va guérir cette personne
  • Parler sans poser la question « as-tu des pensées suicidaires ?» ou « penses-tu à te suicider ? » (poser ces questions uniquement si vous avez des doutes sur les intentions de la victime)
  • Parler sans vous préparer

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Les 5 choses à ne pas faire pour aider les personnes souffrant d’un trouble de stress post-traumatique

by Elodie | The ComMemories Podcast

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