4 conseils pour aider les personnes dépressives après un attentat

par | Avr 4, 2019 | Premiers Secours Psychologiques | 0 commentaires

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À la suite d’un attentat, les victimes, les témoins, les habitants du quartier ou d’autres personnes qui ont été très touchés par ce qu’il s’est passé, peuvent être traumatisés. Certaines pourront développer un stress post-traumatique, d’autres des troubles de l’anxiété, et il est possible que certaines tombent dans une dépression. Sachez que vous pouvez venir en aide à des personnes dépressives, mais en ne faisant pas n’importe quoi. Dans cet article, je vais vous donner 4 conseils pour que vous puissiez aider au mieux et dans la bienveillance les personnes dépressives.

 

1. Écouter au lieu de trop parler.

« Bon, ça a assez duré maintenant ! », « Il faut que tu bouges bon sang ! », « non, mais c’est vraiment n’importe quoi, quel feignant, il manque vraiment de volonté pour avancer ». Tel est le genre de phrase que l’on peut entendre au sujet d’une personne dépressive. Autant au début, quand nous nous sentons un peu déprimés, nous allons trouver une certaine forme de réconfort auprès de notre famille et de nos amis, qui vont essayer de nous motiver, en disant que ça va passer et qu’il s’agit d’une mauvaise phase. Sauf que, quand la dépression s’installe, très vite certaines personnes de notre entourage ne vont pas savoir quoi nous dire, ou vont être maladroites dans leur parole et dire des choses qui pour elles partent d’un bon sentiment, mais qui vont faire du mal, voir même culpabiliser les personnes dépressives.

Mais alors que faire pour les aider ? La première chose que vous allez pouvoir faire c’est de parler avec les personnes dépressives. Quand je dis parler, ce n’est pas vraiment vous qui allez le plus parler, mais la personne traversant une dépression. Le but de la conversation ne va pas être de motiver la personne à reprendre le cours de sa vie ou aller de l’avant, mais de l’écouter pour que vous puissiez comprendre ce qu’il l’a amené à tomber dans une dépression. Votre rôle consiste principalement à écouter la personne, lui poser des questions et lui demander des clarifications s’il y a certaines choses que vous avez mal compris. La personne dépressive va alors vous raconter, si elle le souhaite, ce qu’elle traverse, ce qu’elle ressent, ce qu’il s’est passé pour qu’elle en arrive là, comment elle voit son avenir, etc. Votre rôle va être de l’écouter activement, tout en restant dans le non-jugement.

 

 

2. Soyez bienveillant.

Le deuxième conseil que je souhaite partager avec vous, c’est d’être bienveillant. Pour aider une personne dépressive, il est indispensable d’être dans la bienveillance. C’est facile de sortir des phrases du genre : « Bon allez, maintenant ça suffit. Bouge-toi les fesses ! Lève-toi ! Va voir du monde, ça te fera du bien ! ». En réalité, ce genre de phrase ne va pas forcément avoir le résultat que vous souhaitez. Parce que là, ce n’est pas un conseil que vous donnez à la personne, c’est un ordre. La personne dépressive n’est pas votre employé ni un chien à qui l’on parle mal. C’est un être humain qui souffre et qui a besoin d’être écouté, qui a besoin que l’on fasse preuve de compréhension envers elle et qu’on prenne le temps de la réconforter. En disant ce genre de phrase, vous n’êtes pas du tout dans la bienveillance, vous êtes dans le jugement et vous dites à la personne de faire quelque chose en restant dans votre propre perception. Pour vraiment l’aider, il faut que vous vous mettiez à sa place. Il faut que vous fassiez preuve d’empathie et de compréhension. Par exemple, au lieu de lui dire le type de phrase que j’ai écrit plus haut, vous pouvez lui dire : « Écoute, je comprends que ce soit très difficile pour toi en ce moment. Je comprends que tu n’aies envie de rien, ni même de te lever de ton lit. Ce que je te propose, c’est de te lever, de t’habiller et on va marcher 20 minutes ». Avec ce type de comportement, vous êtes dans la bienveillance. Vous n’êtes pas dans un rapport de force ou vous obligez la personne à se bouger et aller de l’avant. La personne n’en a pas envie. Pourquoi ? Parce qu’elle est dépressive. Elle est en train de traverser une dépression qui fait qu’elle n’a plus de volonté  et ne ressent pas l’envie de mettre en place des actions pour aller mieux. La dépression a pris le dessus sur elle et ce n’est pas en disant des phrases comme « Bon maintenant ça suffit ! Il faut que ça s’arrête, ça fait trop longtemps que ça dure. Prends ta vie en main ! » que vous allez arranger les choses. Soyez dans la bienveillance, que ce soit dans vos mots, vos gestes, votre façon de parler et le ton de votre voix.

 

3. Soyez patient.

Le troisième conseil que je souhaite vous donner, c’est d’être patient. Une dépression ne passe pas du jour au lendemain. C’est quelque chose qui prend du temps. Si vous êtes sans cesse en train de demander à la personne : « Est-ce que tu es sorti ? », « Est-ce que tu te sens mieux ? », « Est-ce que tu as bien mangé ? », « Est-ce que tu as fait ceci, est-ce que tu as fait cela ? », au final votre aide ressemblera plus à un rapport hebdomadaire qu’à une aide authentique et bienveillante. C’est très important de prendre le temps de parler avec cette personne, de choisir les mots qui vont déclencher chez elle une envie, même petite, d’agir pour aller mieux, qu’il s’agisse de se lever, de manger ou d’aller marcher 15 ou 20 minutes dehors. Il faut garder à l’esprit que vous devez faire très attention aux mots que vous utilisez. Certains mots et certaines phrases peuvent tout changer, en négatif ou en positif. Il va donc falloir que vous les choisissiez minutieusement lorsque vous parlerez avec la personne dépressive.

 

4. Orienter la personne dépressive vers des professionnels de santé.

Certains mots, vous faire du bien à cette personne et vont la pousser, petit à petit, à reprendre sa vie en main. Ce qui aura pour effet de faire diminuer la dépression, une première étape vers la reconstruction. Cependant, et je vais insister là-dessus : vous n’êtes ni un psychologue, ni un psychiatre. Votre rôle s’arrête à une première assistance pour cette personne. Votre rôle n’est pas de la guérir, mais d’être une première aide et un guide sur son chemin de reconstruction. Si malgré tout ce que vous faites, vous voyez qu’elle est toujours aussi mal, vous devez absolument l’orienter vers son médecin généraliste ou des structures de santé, qui pourront l’aider en lui proposant un suivi psychologique avec ou sans traitement.

 

 

Pour résumer :

Après un attentat, il est normal d’être touché ou choqué. Il est très important de vous surveiller, en particulier si vous êtes une victime, un proche de victime, un témoin ou un habitant du quartier, car vous êtes sujet à développer des troubles (anxiété, stress post-traumatique, dépression, etc.). Chacun de nous peut venir en aide à une personne dépressive en suivant quelques règles simples :

  • Être dans une posture d’écoute active, d’empathie et de compréhension ;
  • Être bienveillant ;
  • Être patient ;
  • Orienter la personne vers les services appropriés pour qu’elle puisse bénéficier d’un suivi encadré par des professionnels de santé.

En étant un guide, vous allez pouvoir être un appui supplémentaire au corps médical et créer un cercle vertueux, pour que la personne dépressive puisse se reconstruire.

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4 conseils pour aider les personnes dépressives après un attentat

by Elodie | The ComMemories Podcast

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