3 conseils pour parler du devoir de mémoire en classe

par | Oct 29, 2018 | Professionnels de l'enfance | 0 commentaires

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Le devoir de mémoire est une notion qui est obligatoirement abordée dans le cadre scolaire. En particulier cette année, puisque nous sommes en 2018, année centenaire de l’armistice de la Première Guerre mondiale. Cette année, le devoir de mémoire a donc un sens particulier et symbolique. Le 11 novembre 2018, nous célébrons la fin d’un des conflits les plus meurtriers que l’Europe est connue. Il est donc normal que la notion de devoir de mémoire soit abordée en classe. Mais il peut être un sujet difficile pour certains enseignants. Pourquoi ? Parce que quand on parle de devoir de mémoire, on parle de conflit, de guerre, de violence, d’armes, de blessés et de mort. Des sujets sensibles tant pour les enseignants que pour les enfants. Pourtant, c’est essentiel de parler de ces tragédies et du devoir de mémoire. Mais alors, comment parler du devoir de mémoire avec les enfants en classe ?

 

 

1. En parler tout en douceur.

Dans cet article, je ne parlerai pas de devoir de mémoire, mais de travail de mémoire, dans le sens où la notion de souvenir évolue avec le temps. Aujourd’hui, on ne commémore plus uniquement avec des cérémonies, on commémore également sur internet, en particulier sur les réseaux sociaux. Parler du travail de mémoire, c’est déjà expliqué ce que c’est aux enfants, avec un vocabulaire adapté à leur âge. Mais ce n’est pas uniquement leur donner la définition et ensuite passer à une autre leçon. C’est très important de dire à vos élèves que l’on peut participer au travail de mémoire de diverses façons : en écrivant un poème, en faisant un dessin, en allant se recueillir au monument aux morts de la ville, participer aux cérémonies commémoratives, etc. Le travail de mémoire est vaste et englobe plusieurs sujets à la fois comme la guerre, la violence, la mort ou le deuil. Autant de sujets dont il faut parler en douceur avec les enfants.

Qu’est-ce que j’entends par douceur ? Par exemple, si vous parlez de la première guerre mondiale avec vos élèves, on est d’accord que vous n’allez pas leur montrer des photos de soldats morts sur le champ de bataille, mutiler ou alors avec des armes en train de s’entre-tuer. Ce sont des images violentes, tant pour les adultes que pour les enfants. On dit qu’une image vaut mille mots, et c’est vrai. Avec une image, une photo, tout est dit. Si les enfants voient ces images, elles peuvent heurter leurs sensibilités. Alors bien sûr, vous n’allez pas faire comme si rien de grave ne s’était passé. Vous n’allez pas dire aux enfants que pendant la Première Guerre mondiale il n’y a eu que 20 personnes de blessés. De un, c’est totalement faux et de deux, ce serait mentir aux enfants. La Première Guerre mondiale est un sujet qui peut être difficile à aborder avec les enfants. Mais ce n’est pas parce que c’est un sujet difficile qu’on ne peut pas en parler. Il faut savoir que c’est possible de parler de violence, de guerre et de mort avec eux. Par contre, il y a une certaine façon de le faire. Parlez-en avec douceur et en utilisant un vocabulaire adapté.

 

2. Répondre aux questions.

C’est normal pour un enseignant de se sentir perdu lorsqu’il doit parler de sujets comme la guerre, la violence, les armes ou la mort avec sa classe. Mais il faut savoir que communiquer, parler de ces notions-là est mieux que de rester silencieux. En parlant du travail de mémoire, il y a de fortes chances pour que vos élèves vous posent des questions. Par exemple, si un enfant vous demande combien de personnes sont mortes pendant la Première Guerre mondiale et que vous restez silencieux, de un, ça ne va pas répondre à sa question et de deux, il va continuer à chercher la réponse à sa question. Si l’enfant voit qu’on ne lui répond pas, il ira chercher des informations ailleurs, par exemple en parlant avec ses camarades, en parlant avec ses parents, ou alors sur Internet (car aujourd’hui, les enfants utilisent les tablettes et les ordinateurs, avec ou sans surveillance des parents). Par exemple, imaginez que l’enfant en question décide d’aller sur Internet et de chercher le nombre de personnes qui ont perdu la vie pendant la Première Guerre mondiale. Si l’enfant fait des recherches sur Internet, sans surveillance, et qu’il tombe sur des photos ou des vidéos de conflits récents (des choses qu’un enfant ne devrait pas voir), il y a un risque qu’il soit choqué, voire même traumatiser.

Tout ça pour vous dire que, quand un enfant vous pose une question il faut lui répondre. Il se peut aussi que les enfants posent d’autres questions, par exemple : « pourquoi autant de personnes sont mortes ? » Vous allez pouvoir leur répondre, par exemple, que : « Les soldats avaient des armes et se battaient tous les jours, même la nuit, et la guerre à durer très longtemps. Quand des hommes se battent avec des armes jour et nuit pendant longtemps, il y a beaucoup plus de blessé et de morts ». La clé est d’adapter ce que vous dîtes afin d’informer les enfants, tout en restant hors des choses qui pourraient les traumatiser (photos, vidéos, etc.).

 

3. Faites des activités.

Ce n’est pas parce que le travail de mémoire englobe des sujets sensibles que vous ne pouvez pas faire d’activité avec les enfants. Au contraire, le travail de mémoire, c’est se regrouper, être ensemble, adultes et enfants, pour se souvenir des tragédies du passé. Vous n’avez pas forcément besoin d’assister à une cérémonie commémorative (sauf si vous et les enfants le souhaitiez). Mais il ne faut pas faire n’importe qu’elle activité non plus. Il faut que ce soit des activités adaptées à l’âge des enfants et à leur niveau de compréhension.

Mais le plus important, c’est qu’il faut que ce soit une activité qu’ils soient heureux de faire et dont ils puissent apprendre. Par exemple, vous pouvez faire des activités sur le thème de l’espoir ou la paix. Faites des activités inspirantes, qui permettront aux enfants de faire partie d’un groupe dont l’action est inspirante. Vous pouvez si vous le souhaitez aller visiter le monument aux morts de votre ville, ou de votre village avec votre classe. Vous pouvez prendre des photos du mémorial et créer un album du souvenir. Les enfants peuvent faire des dessins en lien avec la paix, vous pouvez ensuite les regrouper et en faire un album de la paix par exemple. Ce ne sont bien sûr pas les seules activités qui existent et vous pouvez en faire d’autres.

 

Il peut être difficile pour certains enseignants de trouver la bonne façon de parler du travail de mémoire avec les enfants. Sachez qu’il n’y a pas de bonne façon. Il n’y a pas de méthode parfaite avec des mots parfaits. Nous sommes tous différents, y compris les enfants. Voyez cette discussion avec vos élèves comme un échange. Il ne s’agit pas juste de leur faire un cours sur le travail de mémoire, de leur expliquer pourquoi c’est important et pourquoi ils doivent y contribuer. Cette discussion-là, c’est quelque chose de beaucoup plus profond, parce qu’on parle d’évènements tragiques qui sont vraiment arrivés, on parle de ce que l’humanité peut faire de pire. Mais on parle également d’espoir, de la paix qui revient, et c’est pour ça que c’est essentiel de parler avec vos élèves de ce sujet-là, pas seulement parce que c’est dans le programme, mais aussi pour parler de courage, d’humanité, de paix et de vivre ensemble. Si vous souhaitez plus d’informations sur comment parler du devoir de mémoire (ou du travail de mémoire comme je l’appelle) avec votre classe, je vous invite à cliquer ici, où vous trouverez des ressources qui pourront vous aider.

 

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3 conseils pour parler du devoir de mémoire en classe

par Elodie | The ComMemories Podcast

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