3 conseils pour aider les victimes secondaires après un attentat

par | Mar 21, 2019 | Premiers Secours Psychologiques | 0 commentaires

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Dans son livre « Tous choqués : vaincre nos peurs après les attentats », le professeur Patrick Clervoy, décrit cinq types de victimes. Je ne vais pas toutes les décrire, car je vais me focaliser uniquement sur les victimes dîtes secondaires. Ce sont les proches des victimes, leurs familles, leurs amis. Ils n’ont pas été exposés directement à l’attentat, mais ils peuvent en être affectés. Il faut savoir que les habitants d’une rue ou d’un quartier ayant été touché par un attentat rentrent dans cette catégorie. Même si vous n’êtes pas une victime directe d’un attentat, vous pouvez être choqué, ce qui est une réaction normale.

Après l’attentat du London Bridge et de Borough Market, j’ai commis plusieurs erreurs. Ne me considérant ni comme une victime ni comme un témoin, je pensais que la priorité n’était pas de m’occuper de moi, mais des autres. Ce qui ne m’a pas empêché de développer un stress post-traumatique. Si un attentat s’est produit à proximité de votre domicile, si vous étiez censé être sur place, mais n’y êtes pas allé, si vous êtes un témoin auditif, vous êtes sujet à développer des troubles. Bien évidemment, nous sommes tous différents. Certaines personnes développeront des troubles, d’autres non. Mais sachez que vous allez pouvoir faire plusieurs choses, pour éviter l’apparition de troubles comme l’anxiété ou le stress post-traumatique.

 

 

1. Surveillez-vous.

Qu’est-ce que j’entends par là ? Pour vous donner un exemple, je vais vous raconter comment j’ai vécu l’après-attentat. Dans les jours qui ont suivi, mon quotidien était bouleversé, déjà parce que cet attentat s’était produit dans mon quartier, et qu’en plus, c’était arrivé dans la rue où je travaillais. Barrage policier, hélicoptères et journalistes. Quand j’allais travailler, les autres personnes qui travaillent aussi dans cette rue avaient la tête baissée, comme si elles avaient peur de regarder en face ce qu’il s’était passé. Lorsque les barrages ont été levés, le sentiment de sécurité est revenu progressivement. Pendant un mois, j’ai été très stressé et j’ai fait très attention à moi. Je faisais en sorte de prendre un peu plus de pauses à mon travail et de me relaxer, parce que j’étais tendu physiquement et psychiquement. Au bout d’un mois, à la fin du mois de juin, le stress avait complètement disparu. L’erreur que j’ai faite, c’est qu’au bout d’un mois je ne me suis plus surveillé. J’ai même ignoré les signes du stress post-traumatique, qui s’est développé plusieurs mois après. Il est donc indispensable de vous surveiller juste après l’attentat, mais également dans les mois qui suivent. Le stress post-traumatique peut se développer dans les jours qui suivent l’attentat, ou plusieurs mois ou années plus tard. C’est donc très important de vous surveiller et de faire attention aux signes qui pourraient vous alerter sur des troubles qui sont en train de se développer, par exemple, si vous vous sentez très stressé, si vous faites des cauchemars, avez des insomnies, mangez moins, êtes dans un état constant d’hypervigilance, etc. La surveillance est donc de mise.

 

2. Communiquer.

La deuxième chose que je vous conseille de faire, c’est de parler si vous en ressentez le besoin. Cela ne sert à rien de vous forcer à parler si vous n’en avez pas envie. Par contre si vous sentez que ça peut vous faire du bien, faites-le. Ne parlez pas avec n’importe qui. Parler avec des gens de confiance, des personnes que vous connaissez comme votre famille, vos amis ou vos collègues avec qui vous vous entendez bien. Même si vous n’êtes pas une victime directe, même si vous n’êtes qu’un témoin auditif ou un habitant du quartier, il est possible que l’attentat vous ait fortement choqué. Il est donc essentiel de vous exprimer si vous en ressentez le besoin, que ce soit par la parole, le dessin ou l’écriture. Ce sont des activités, mais aussi des moyens d’expression. À vous de trouver celui qui vous correspond le plus. Je vous encourage aussi à prendre contact avec la CUMP (Cellule d’Urgence Medico Psychologique), si elle est à disposition, et les associations d’aide aux victimes.

 

3. Prenez soin de vous.

Mon troisième conseil : prenez soin de vous. Après un attentat c’est normal de se sentir déstabilisé, choqué et perdu. Nous avons tout un flow d’émotions qui peut nous traverser, auquel nous ne sommes pas forcément habitués. Nous pouvons nous sentir fatigués, en colère, tristes, sans espoir. Nous pouvons mal dormir, ou faire des cauchemars. Pour éviter que ces émotions négatives prennent le dessus, mais aussi pour éviter l’apparition de troubles, il va être indispensable de prendre soin de vous et de faire des activités qui vous font du bien, qui vous procure un bien-être. Par exemple, vous pouvez aller courir ou marcher, si vous êtes quelqu’un qui aime cuisiner prenez du temps pour cuisiner quelque chose de bon, vous pouvez écrire, dessiner, lire ou simplement prendre un bon bain chaud le soir quand vous rentrez chez vous après une longue journée de travail. L’important c’est de vous détendre pour que vous puissiez ressentir un sentiment de bien-être et d’apaisement physique et mental. Le corps et l’esprit sont liés. Ce qui veut dire que si votre esprit va mal, votre corps ira mal et inversement, si votre corps va mal votre esprit ira mal. Il faut donc prendre soin de soi en prenant compte de l’aspect physique et mental.

 

Pour résumer :

Si un attentat s’est produit à proximité de vous, de votre domicile ou de votre lieu de travail, que vous soyez témoin ou non :

  • Surveillez-vous. Les troubles peuvent apparaître de façon différée, c’est pour cette raison qu’il ne faut pas uniquement se surveiller dans les jours qui suivent un attentat, mais dans les semaines et mois après.
  • Exprimer ce que vous ressentez si c’est trop lourd à porter pour vous. Communiquer par la parole, l’écriture, le dessin, la sculpture, etc. Trouver le moyen d’expression qui vous correspond le plus.
  • Prenez soin de vous, avec des activités qui vous font du bien et vous apaisent tant sur le plan physique que sur le plan mental.

Il faut savoir que même si vous n’êtes pas une victime d’un attentat, vous pouvez en être traumatisé. Certaines personnes, qui se trouvent à des centaines de kilomètres du lieu d’une attaque, peuvent être choquées et traumatisées rien qu’en regardant les images à la télévision ou sur internet. Que vous soyez proche du lieu ou éloigné, il sera essentiel de vous surveiller et de reconnaître les symptômes de crises de panique, d’anxiété, d’angoisses ou d’un stress post-traumatique. Faites-vous aider par des professionnels (psychologues, psychiatre), si vous n’arrivez pas à faire face seul.

Le Podcast

3 conseils pour aider les victimes secondaires après un attentat

par Elodie | The ComMemories Podcast

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